Bébés nés sans main ou sans bras : "On se dit qu'il s'est passé quelque chose dans notre environnement", témoigne une famille

Santé
MALFORMATION - Les ministres de la Santé et de la Transition écologique, Agnès Buzyn et François de Rugy, ont annoncé dimanche une nouvelle enquête sur plusieurs cas groupés de bébés malformés. Dans le Morbihan, Tiphaine et Samuel ont donné naissance en 2013 à une petite fille atteinte "d'agénésie supérieure des membres supérieurs".

Le mystère demeure entier. Plusieurs bébés sont nés avec des malformations dans trois zones géographiques en France, atteints "d'agénésie supérieure des membres supérieurs". En d'autres termes, ils sont nés sans main, voire sans avant-bras. Ces cas ont été observés dans l'Ain (7 naissances entre 2009 et 2014), en Loire Atlantique (3 naissances entre 2007 et 2008) et en Bretagne (4 naissances entre 2011 et 2013), à chaque fois dans un périmètre restreint.


"Nous avons décidé de relancer une enquête" avec l'Anses et Santé publique France pour avoir des "regards croisés" de médecins et d'experts de l'environnement, a indiqué dimanche Agnès Buzyn, invitée du "Grand Jury" RTL-Le Figaro-LCI. "On ne peut pas se satisfaire de dire qu'on n'a pas trouvé de causes, c'est insupportable", a ajouté la ministre de la Santé. "On ne peut pas s'en remettre à une sorte de fatalité. Si des bébés naissent avec des malformations, il faut absolument faire toute la lumière. Tout ça doit être mis sur la table pour agir et que cela ne se reproduise pas. Nous irons au bout et nous pousserons les recherches pour savoir la vérité", a confirmé mercredi matin sur LCI son collègue François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, confirmant que le gouvernement avait décidé de lancer de nouvelles investigations.

La cause génétique rapidement écartée

Si la cause n'est toujours pas identifiée, les langues elles se délient. Les témoignages se multiplient. À Guidel, dans le Morbihan, quatre enfants sont nés avec la même malformation entre 2011 et 2013. La fille de Tiphaine et Samuel fait partie de ces enfants. Née en 2013, Aliénor souffre d'une "agénésie du bras gauche". La malformation a été découverte lors du cinquième mois de grossesse de Tiphaine. "En effet, on voit là qu'on a un bras complet, ce qui n'est pas le cas ici", témoigne sur LCI la mère de famille, montrant une IRM du squelette de l'enfant, aujourd'hui âgé de 5 ans et demi.


Très vite, la cause génétique a été écartée. "Pas de médicaments, pas de tabac, pas de drogue... Rien de tout ça. On a pensé à un accident de la vie", ajoute la jeune femme. Mais ce sont les découvertes de cas similaires dans leur commune de 10.000 habitants qui vont mettre au couple la puce à l'oreille. Les parents d'Aliénor découvrent par la suite que trois autres bébés, nés dans les 18 mois, vivent eux aussi avec une "agénésie" d'un membre supérieur. "On se dit qu'il y a quelque chose à un moment donné qui s'est passé dans notre environnement quotidien", poursuit Samuel, le père de famille.

Aujourd'hui, le déclenchement d'une nouvelle enquête par le gouvernement donne de l'espoir aux parents d'Aliénor. "On a beaucoup entendu parler des pesticides, mais ça peut être l'air, l'eau ou la mer", explique Tiphaine, en quête de réponses pour sa fille. Le couple espère que les investigations leur permettront d'y voir plus clair sur les raisons de cette "agénésie".

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Bébés nés sans bras : Agnès Buzyn annonce une nouvelle enquête

En France, six registres recensent les malformations congénitales des enfants. Ils couvrent à peine 20% du territoire. Tiphaine et Samuel militent pour la création d'un registre national qui pourrait aider à mieux repérer et surveiller des cas similaires.

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L'affaire des bébés nés sans bras ou sans main

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