Bébés nés sans main ou sans bras : Santé publique France confirme des "excès de cas" en Loire-Atlantique et en Bretagne

Bébés nés sans main ou sans bras : Santé publique France confirme des "excès de cas" en Loire-Atlantique et en Bretagne

Santé
CONCLUSIONS - L'agence nationale de santé publique a publié ce jeudi son rapport sur le mystère des enfants nés avec des anomalies des membres supérieurs. Dans deux des trois départements signalés, les cas recensés s'avèrent effectivement supérieurs à la moyenne nationale. Dans l'Ain en revanche, les investigations s'arrêtent là.

Elles étaient très attendues. Santé publique France a rendu publique ce jeudi ses premières conclusions concernant les naissances de bébés nés sans bras ou sans main dans des zones géographiques restreintes ces dernières années. Verdict ? Pour l'agence nationale de santé publique, l’analyse statistique des sept cas rapportés dans l'Ain, "ne met pas en évidence un excès de cas par rapport à la moyenne nationale". En outre, les investigations n'ont permis d'identifier aucune exposition commune à la survenue de ces malformations.


Le phénomène inexpliqué avait été porté à la connaissance du grand public le 26 septembre dernier après l'enquête de France 2 révélant un document médical confidentiel alertant sur le nombre de malformations de bébés entre 2009 et 2014 dans ce département. Une fréquence 58 fois plus élevée que la normale, selon le Registre des malformations de Rhône-Alpes (REMERA), qui avait alerté les autorités de santé.


En revanche, le rapport de Santé publique France confirme des "excès de cas" dans deux autres départements qui avaient été signalés pour des anomalies similaires, à savoir la Bretagne et la Loire-Atlantique sans qu'aucune exposition commune n’ait pour autant été identifiée pour les cas groupés de ces deux régions. 

"On tombe des nues"

Dans le détail, quatre cas avaient été recensés entre 2011 et 2013 en Bretagne, et plus particulièrement à Guidel dans le Morbihan, tandis que trois cas avaient été signalés entre 2007 et 2008 en Loire Atlantique. "Dans ce contexte, l’Agence maintient avec le réseau français des registres une attention toute particulière à la survenue de nouveaux cas dans ces régions et dans le reste de la France", précise le rapport publié ce jeudi. L’objectif étant de rechercher une éventuelle exposition commune à ces cas telle qu'une prise de médicaments ou encore une exposition environnementale.


La structure REMERA, qui travaille pourtant depuis 45 ans sur le sujet, est l’un des six registres de malformations congénitales existant sur le territoire national qui collecte ces anomalies morphologiques. Après avoir enquêté dans l'Ain, cette dernière avait livré fin 2014 son rapport aux autorités. La réponse de Santé Publique France, qui a dans un premier temps  contesté la méthodologie, n'était intervenue que deux ans plus tard confirmant la nécessité d'une vigilance renforcée. 


Ce jeudi, interrogée par l'AFP, la directrice générale du REMERA, Emmanuelle Amar, qui avait alerté les autorités de santé pour les cas dans l'Ain a dit "tomber des nues".  L'épidémiologiste accuse Santé publique France d'avoir fait des "erreurs" de méthodologie. Le Remera a mené sa propre étude, dans laquelle il conclut que le nombre de cas dans l'Ain est statistiquement significatif. 

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L'affaire des bébés nés sans bras ou sans main

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