Benzodiazépines : la France trop grande consommatrice

Benzodiazépines : la France trop grande consommatrice

DirectLCI
MEDICAMENTS - La reprise de la consommation de benzodiazépines, médicaments utilisés contre l'anxiété et l'insomnie, qui a commencé en 2010, se confirme, s'inquiète l'agence nationale du médicament.

Trop souvent et trop longtemps. Dans son dernier rapport , l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) alerte sur la consommation en hausse de benzodiazépines, au point de vouloir "enrayer cette tendance à risque courant 2014". Les benzodiazépines sont une famille de médicaments qui agissent sur le système nerveux central. Pour leurs propriétés anxiolytiques et hypnotiques, ils sont prescrits contre l'anxiété et l'insomnie.

Selon ce document, 131 millions de boîtes de médicaments contenant des benzodiazépines ont été vendues en France en 2012 (dont 53,2 % d'anxiolytiques et 40,5 % d'hypnotiques soit des somnifères). "Ceci représente près de 4 % de la consommation totale de médicaments de l'année", précise l'ANSM. Côté consommateurs, environs 11,5 millions de Français s'en sont vus prescrire au moins une fois en 2012 : 7 millions pour l'anxiété et 4,2 millions pour des troubles du sommeil.

Des mois et non des semaines de traitement

Il s'agit majoritairement de personnes ayant en moyenne 56 ans et, dans les deux tiers des cas, de femmes. Les principaux prescripteurs sont des médecins libéraux (90 %), et notamment des médecins généralistes. Mais le plus inquiétant pour l'agence reste des durées de traitement souvent trop longues : malgré ses recommandations (12 semaines pour les anxiolytiques et 4 pour les hypnotiques) le temps d’exposition s'approche des 4 à 5 mois pour toutes les molécules.

"A noter qu’une proportion importante de patients les utilise en continu sur plusieurs années", souligne l'agence. Or ces médicaments exposent à des risques neuro-psychiatriques, et de dépendance. Ils accroissent également le risque d'accidents de la route. Chez le sujet âgé, ils peuvent même favoriser les chutes et perturber la mémoire. De récentes études ont par ailleurs démontré l'existence possible d'un lien entre ces substances et la survenue de cas de démence.

"Devant le constat d’une consommation toujours très importante, d’une large prescription et de la présence de risques liés à leur utilisation", l'ANSM souhaite en conséquence mettre en place un nouveau plan d’actions. Les professionnels de santé, médecins prescripteurs et pharmaciens, seront consultés et des mesures devraient survenir dans le courant de l’année 2014. Des campagnes d'information devraient également rappeler aux consommateurs que ces médicaments sont loin d'être anodins.

Plus d'articles