Bercy veut taxer la malbouffe

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RÉGIME SEC - Selon une étude du Trésor, l’obésité concernait 15% des Français en 2012, alors que 32% d'entre eux étaient en surpoids. En réaction, Bercy réfléchit à taxer la malbouffe.

Environ 20 milliards d'euros par an : c'est le coût social estimé de la surcharge pondérale en 2012 selon une étude du Trésor 

publiée jeudi 2 septembre. Car si les personnes obèses ou en surpoids représentent un peu moins de la moitié de la population française, elles représentent une part élevée des dépenses de santé : 56 % pour les soins de ville et probablement davantage à l'hôpital, selon le rapport.

Enjeu économique croissant

Un enjeu de santé publique aux conséquences économiques croissantes puisque la population de personnes en surcharge pondérale aurait augmenté depuis 2012, toujours selon les estimations du Trésor. 

Pour diminuer les dépenses de santé liées à ces problèmes de surpoids comme le diabète ou l'hypertension, le ministère de l'Economie et des Finances propose donc de taxer la malbouffe.

Parmi les propositions : relever la TVA à son maximum (20%) sur certains produits alimentaires en fonction de leur "niveau de calorie" ou de leur "qualité nutritionnelle", au lieu de 5.5% actuellement sur la plupart d'entre eux. Pour contrebalancer les effets d'une mesure qui risque de peser plus lourdement sur le portefeuille des plus pauvres dont le budget nourriture représente une part plus importante, le Trésor propose d'adjoindre à la taxation une mesure de redistribution comme une hausse du RSA.

En outre, le rapport préconise différentes pistes : limitation des portions dans les cantines, réglementation de la publicité ciblant les enfants, ou encore interdiction des distributeurs de nourriture à vitre transparente.

Un combat qui ne date pas d'hier

Un combat contre la malbouffe qui fait écho à plusieurs initiatives précédentes. On se rappelle de la taxe soda, initiée en 2012 par le gouvernement Fillon. Celle-ci représentait une surtaxe de 2,51 centimes de d'euros par canette de soda. En juin 2016, un rapport parlementaire de la commission des Finances proposait même de l'augmenter drastiquement à 4.3 centimes par canette afin d'alléger la fiscalité sur d'autres denrées alimentaires moins nocives et ainsi redonner du pouvoir d'achat à moins d'un an de la présidentielle.

Dans le même registre, la taxe sur l'huile de palme dite taxe "Nutella", chère à la ministre de l'écologie Ségolène Royale, avait finalement été enterrée en juin 2016. Ce n'était pas faute d'avoir essayé. En trois ans, trois différentes versions de la taxe  avaient été proposées afin de limiter les importations de cette huile suspectée d'être néfaste pour la santé et responsable de déforestations massives en Asie et en Afrique. 

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