Bientôt des mesures contre la malbouffe ? Sel, sucre et additifs dans le viseur des députés

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PISTES - La commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle doit présenter ses conclusions ce mercredi et livrer des recommandations pour limiter la liste d'ingrédients incorporés dans les produits ultra-transformés.

C'est le fruit d'un travail de quatre mois, basé sur une quarantaine d’auditions. Un rapport parlementaire sur l'alimentation industrielle est présenté ce mercredi à l'Assemblée nationale avec en ligne de mire la lutte contre la malbouffe. Présidée par Loïc Prud'homme, député La France Insoumise (LFI), la commission d'enquête à l'origine de ces conclusions entend inciter le secteur agroalimentaire à mettre moins de sel, moins de gras, moins de sucre et moins d'additifs dans ses produits et éduquer les enfants à bien manger. "En 2030, on estime qu'il y aura au moins 30 millions de personnes obèses ou en surpoids en France", s'inquiète ainsi Michèle Crouzet, rapporteure de la commission et députée LREM. "Il n'est pas trop tard pour ne pas en arriver là et sauvegarder une alimentation saine et durable". 


Nettement plus offensif, le président insoumis a notamment dénoncé en conférence de presse de présentation le business autour de "la publicité pour la malbouffe", regrettant qu'elle ne soit "toujours pas interdite à destination des enfants", en raison du coût que cela représente pour les médias qui les héberge. Loïc Prud'homme a également égratigné le gouvernement, dont il a jugé l'action bien insuffisante dans cette lutte, dénonçant une "inaction des pouvoirs publics qui tourne à l'association de malfaiteurs". 

Après ce déluges de critiques, place aux propositions. Limiter "réglementairement" la teneur en sel, en sucres et en acides gras saturés des aliments transformés, qui favorise des maladies chroniques, notamment cardio-vasculaires. Alors que "30% des apports quotidiens en sel viennent du pain en France" soulignait encore Michèle Crouzet avant la restitution, le rapport veut rendre obligatoire une teneur maximale en sel des produits de panification de 18 grammes par kilo de farine, déjà préconisée par l'Anses depuis 2002 - en visant 16 grammes dans trois ans. Le rapport préconise également de limiter, comme c'est déjà le cas dans l'alimentation bio, à 48 la quantité d'additifs utilisés dans les plats cuisinés notamment d'ici 2025, contre 338 autorisés au total.

338 additifs autorisés actuellement

Le deuxième axe de propositions vise à renforcer "l'éducation à l'alimentation", dès trois ans, en rendant cet enseignement obligatoire au plus tard dans l'année scolaire 2019-2020. Le repas de midi dans les cantines scolaires devra ainsi faire partie du programme d'enseignement en faveur d'une "alimentation saine, équilibrée et durable et de la lutte contre le gaspillage alimentaire", indique le rapport.


En outre, des commissions des menus devront obligatoirement être mises en place au sein des établissements scolaires, avec la participation de parents et des élèves. Les cuisiniers de la restauration collective devront quant à eux être mieux formés afin d'"améliorer la qualité des repas servis en milieu hospitalier" et de "lutter contre la dénutrition des personnes âgées en Ehpad". Enfin, des coupons pourraient être délivrés par les Caisses d'allocations familiales (Caf) aux "personnes qui ont le moins de moyens" et "qui sont les premières atteintes par l'obésité", pour leur permettre de consommer plus de fruits et légumes frais.


Au total, le rapport présenté ce mercredi comprend pas moins d'une quarantaine de préconisations pour lutter contre la malbouffe.

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