Bientôt un vaccin sans aiguille ?

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VACCINATION – Un nouveau procédé de vaccination utilisant la technologie du laser a été mis au point par des chercheurs français de l'Inserm. Il pourrait être utilisé chez l'homme d'ici quelques années. La fin des piqûres et des polémiques sur l'aluminium contenu dans les vaccins ?

Dites bientôt adieu à votre peur de l'aiguille. Une nouvelle méthode de vaccination vient d'être expérimentée avec succès pour par des chercheurs de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) pour traiter un cancer de la peau (mélanome) chez des souris de laboratoire. Le vaccin, qui ne contient aucun adjuvant, a été administré aux cobayes via des micropores formés dans leur peau grâce à un laser.

Cette découverte, dont les résultats ont été publiés sur le site de l'Inserm, laisse entrevoir de nouvelles alternatives aux actuels vaccins, dont la piqûre est souvent mal vécue, notamment chez les enfants, mais aussi en raison des adjuvants qu'ils contiennent et qui font régulièrement l'objet de polémiques, souligne l'Inserm.

Comment ça marche ?

"Actuellement, un vaccin est injecté avec une aiguille qui traverse le derme et libère la solution vaccinale dans l’hypoderme ou dans le muscle. On court-circuite donc le derme et son réseau très dense de cellules dendritiques ", des cellules extrêmement performantes du système immunitaire. Pour ce faire, les chercheurs ont mis au point un vaccin "ciblé". Ils ont utilisé un appareil équipé d'un laser qui est couramment sollicité en chirurgie esthétique.

L'utilisation du laser permet la création de micropores dans la couche externe de l’épiderme. Les scientifiques ont exposé la peau de souris à ce rayon laser puis ont appliqué localement la solution vaccinale. L’effet a été rapide, soulignent les chercheurs : la vaccination a arrêté la progression de la tumeur dans le premier groupe de souris et protégé le second groupe (des souris qui n'étaient pas malades) contre le cancer.

Un vaccin efficace et sans adjuvant controversés

"Le vaccin a donc été efficace en prévention et en thérapie, malgré l’absence d’adjuvants habituellement indispensables pour stimuler la réponse immunitaire en cas de vaccination contre le cancer", précise le chercheur Bernard Malissen. "Peut-être que l’application du laser provoque une légère inflammation locale qui attire des cellules immunitaires. Nous sommes en train de vérifier cela", conclut-il.

Le récepteur qui a permis ce succès chez la souris se trouve aussi chez l'homme. Ce qui suggère que la méthode pourrait être relativement simple à mettre en œuvre. Fini alors la peur de la piqûre. Exit aussi les adjuvant controversés, comme les sels d'aluminium. 

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