Bises, check... les jeunes s'affranchissent des mesures barrières : faut-il s'en inquiéter ?

Bises, check... les jeunes s'affranchissent des mesures barrières : faut-il s'en inquiéter ?
Santé

TROP TÔT - Un mois après la levée du confinement, il n'y a toujours pas de signal de reprise de l'épidémie de Covid-19 en France, selon le dernier point hebdomadaire de Santé publique France. Une nouvelle qui semble avoir fait voler en éclats le maintien des gestes barrières chez les plus jeunes.

Libérés... Délivrés. Avec le recul de l'épidémie en France, la crainte du coronavirus semble s'être envolée chez les plus jeunes. Et avec les beaux jours, le verre en plein air a repris ses droits chez les étudiants. Résultat, les terrasses sont bondées avec bien peu de distanciation physique. Il faut dire qu'après trois mois de restrictions, résister à la tentation de se retrouver semble difficile, et les vieux réflexes reviennent au galop. Même la bise est déjà de retour. 

Attablée dehors, dans un café parisien, Maya, 20 ans en fait d'ailleurs le constat :  "Moi je sais que je suis un peu imprudente. Je fais attention avec les gens que je ne connais pas, mais avec ceux que je connais, j'ai tendance à être un peu plus laxiste. Parfois, par réflexe, je vais leur faire la bise, même si je me lave les mains par ailleurs", dit-elle au 13h de TF1.

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Je n'ai plus peur. Pour moi, le virus n'est plus là ; enfin il est encore présent mais je ne pense pas que je vais l'attraper comme ça.- Anna, 15 ans

Même photographie sur la pelouse des Invalides à Paris, lieu prisé des collégiens. Ici aussi, pas question de ne pas se faire la bise ou se serrer la main. "Je n'ai plus peur. Pour moi, le virus n'est plus là ; enfin il est encore présent mais je ne pense pas que je vais l'attraper comme ça", assure Anna, 15 ans. Pour Ondine, qui a le même âge, le sentiment de n'être plus vraiment concerné est identique : "C'est vrai qu'il y a un certain relâchement surtout chez les jeunes, mais après c'est compliqué de tout respecter, et puis on se pense un peu invincible", dit-elle.

Quant à Jeremy, 14 ans, même s'il a toujours son gel avec lui, avec ses amis collégiens pas question de garder ses distances. "On sait que le virus est présent, après on ne va pas s'empêcher de vivre parce qu'il est là. Je pense qu'il va faire partie de nous ; il y a plein d'autres virus, comme la grippe, et on s'est toujours fait la bise. En plus, pour l'instant, il n'y a pas de deuxième vague", estime-t-il.

Du côté des plus sportifs, même son de cloche, sur un terrain de basket parisien, les ballons passent de main en main, sans aucun souci. "Je sais que c'est risqué après c'est un choix personnel, peut-être un peu égoïste mais c'est comme ça. Je suis retourné jouer parce que j'en avais envie", témoigne Sébastien, 21 ans.

Rester encore vigilant

Un relâchement qui a tendance à inquiéter ceux qui ont été en première ligne durant cette crise sanitaire, c'est-à-dire les soignants. Pour le docteur Anne Piollet, pédiatre à Chamalières dans le Puy-de-Dôme, "il est encore trop tôt pour abandonner les gestes barrières". "Même si le virus perd en intensité dans toutes les régions, il faut encore rester vigilant, et encourager les jeunes à ne pas supprimer le masque, et à maintenir une distance physique", dit-elle à LCI, tout en reconnaissant que les mesures prises dans les écoles étaient un peu excessives. 

"Il faut raison garder, mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut plus faire attention. D'autant que même si les adolescents se pensent intouchables, il est important de leur rappeler qu'ils peuvent contaminer leurs proches et faire flamber à nouveau l'épidémie", conclut-elle.

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Selon le dernier point hebdomadaire de Santé publique France, publié jeudi soir, pour la semaine du 1er au 7 juin, le nombre de cas confirmés se monte à 2.899 (contre 3.777 la semaine d'avant), le nombre d'hospitalisations à 1.156 (contre 1.738), celui des admissions en réanimation à 129 (contre 226) et celui des décès à l'hôpital et en Ehpad à 395 (contre 570). Du 31 mai au 6 juin 2020, un peu plus de 194.000 personnes ont été testées et 2.900 étaient positives (soit un taux de 1,5%, équivalent à la semaine d'avant).

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