Bisphénol A, phtalates, parabènes… Ségolène Royal s'attaque aux perturbateurs endocriniens

Bisphénol A, phtalates, parabènes… Ségolène Royal s'attaque aux perturbateurs endocriniens

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SANTE - La ministre de l'Environnement vient d'annoncer le lancement d'une stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens, dont les mesures visent à examiner plus précisément leurs effets sur la santé et surtout à réduire l'exposition de la population.

Bannir le bisphénol A des tickets de caisse, traquer les phtalates dans les jouets, expertiser les parabènes… La France se dote d'un plan d'action pour mieux connaître et encadrer les perturbateurs endocriniens. Attendue depuis des mois, la "Stratégie Nationale sur les Perturbateurs Endocriniens" (SNPE) vient d'être dévoilée par la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal. Elaborée avec des ONG, cette dernière vise à "protéger davantage la santé des Français et mieux anticiper les risques", a commenté la ministre.

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques qui peuvent interférer avec le fonctionnement des glandes endocrines, organes responsables de la sécrétion des hormones, chez une personne et ses descendants. On les soupçonne de fait d'agir sur la fertilité, la croissance et d'être à l'origine de certains cancers. Cette famille regroupe plusieurs composés, dont les plus connus sont le bisphénol A, les phtalates, les parabènes, les filtres solaires, les pesticides et le triclosan.

"Former des professionnels et informer les citoyens"


Ils sont pour la plupart utilisés dans les contenants alimentaires, détergents, les plastiques, les cosmétiques (shampooing, crème, mousse à raser), les textiles et les peintures. Par ingestion, inhalation, ou contact direct avec la peau, l'exposition peut être quotidienne et à long terme. "La SNPE va nous permettre de mobiliser la recherche, d'expertiser des substances, de remplacer celles qui sont nocives, de former des professionnels et d'informer les citoyens", a affirmé Ségolène Royal.

L'un des plus redoutés, le bisphénol A, est utilisé dans le revêtement des boîtes de conserve et d'objets en plastique. Il a été banni en 2013 des objets destinés aux enfants de moins de trois ans et fera l'objet d'une interdiction totale au 1er janvier 2015 en France. Dans l'immédiat, Ségolène Royal va inviter les enseignes de grande distribution et les banques françaises à s'engager volontairement à substituer le bisphénol A présent sur les tickets thermiques (reçus bancaires et de caisse) par d'autres produits.

Concernant les phtalates, la ministre souhaite que des contrôles ciblent davantage les jouets qui pourraient en contenir. Enfin, elle a également chargé l'Anses* d'expertiser en 2014 cinq substances : les methyl-parabènes, le BHA, l'acide orthoborique, le DINCH et le DEHTP. A l'échelle européenne, la France va défendre à Bruxelles "une définition cohérente" des perturbateurs endocriniens alors que la Commission européenne doit rendre courant 2014 un rapport très attendu sur le sujet.

*L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail

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