Blue Whale : comment protéger les enfants des défis sur les réseaux sociaux qui poussent au suicide ?

Blue Whale : comment protéger les enfants des défis sur les réseaux sociaux qui poussent au suicide ?

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JEUX DANGEREUX – Un nouveau jeu émergent sur les réseaux sociaux russes, "Blue Whale", incite les adolescents à relever une succession de défis, jusqu’à les pousser au suicide. Des pratiques extrêmes qui existent aussi un France selon le pédopsychiatre, Frédéric Kochman. Il explique à LCI comment préserver les plus jeunes.

Après la "Neknomination", le défi Facebook consistant à se filmer en buvant un verre d’alcool cul sec avant de mettre au défi trois autres amis ou "A l’eau ou au restau", un jeu poussant un personne à se déguiser et à se jeter à l’eau dans un lieu inhabituel sous peine de payer son restau à l’instigateur du challenge, un nouveau type de défi fait son apparition sur les réseaux sociaux russes : "Blue Whale" (traduisez "baleine bleue").


Le principe ? Inciter les participants à relever une succession de 50 défis, un par jour. Au départ, il s’agit simplement de se lever en pleine nuit pour écouter une musique triste, puis les choses se corsent. Le défi consiste alors à se taillader le bras ou à sauter par la fenêtre. Un jeu dangereux donc, susceptible de vite dégénérer. Frédéric Kochman, un médecin pédopsychiatre qui coordonne l’équipe médicale de la clinique Lautréamont de Loos, près de Lille, alerte sur ce phénomène qui serait en pleine expansion.  

LCI : Les jeux qui poussent au suicide sur les réseaux sociaux existent-ils aussi en France ?

Frédéric Kochman : Bien sûr. Depuis quelques années, je vois de plus en plus de jeunes qui participent à ce type de jeux. Ce n’est pas forcément Blue Whale mais ce sont des défis qui les mettent fortement en danger. Les adolescents, en recherche de sensations fortes, ne se rendent pas compte de ce qu’ils risquent et des dangers qu’ils font courir aux autres. Et si auparavant, les jeunes victimes pouvaient se couper de cette pression sociale lorsqu’elles rentraient chez elles, l’utilisation permanente des téléphones portables et des ordinateurs les expose même à la maison. C’est une forme de cyber-harcèlement.

LCI : Y a-t-il une tranche d’âge plus vulnérable ?

Frédéric Kochman : Les adolescents qui sont au collège sont les plus exposés. On observe généralement un pic de cyber-harcèlement en cinquième et en quatrième. Les jeunes de 13-14 ans sont plus fragiles, ils sont dans une période où ils vivent de nombreux changements physiques et hormonaux. Ils testent leurs limites et veulent se désolidariser de leurs parents. Ces jeunes cherchent plutôt l’approbation de leurs pairs et veulent trouver leur place dans un groupe. A cet âge, ils se laissent donc plus facilement prendre au jeu pervers des réseaux sociaux.

LCI : Quels sont les signes qui peuvent alerter les parents ?

Frédéric Kochman : Les parents doivent être attentifs aux changements de comportements. Si le jeune se renferme, adopte des comportements incompréhensibles, comme écouter de la musique triste en pleine nuit, manifeste de l’anxiété ou commence à se dévaloriser, il est important de chercher à en comprendre la raison. Ensuite, il ne faut pas minimiser sa participation à de tels jeux et lui expliquer ce qu’il encourt. Si l’adolescent se renferme davantage, il ne faut pas non plus hésiter à faire intervenir une personne de confiance comme le médecin traitant, qui le connaît depuis l'enfance.

LCI : Comment peut-on protéger ses adolescents ?

Frédéric Kochman : La prévention est le moyen le plus efficace. A table ou lors d’un moment en famille, il ne faut pas hésiter à aborder le sujet en leur posant des questions : "Savez-vous qu’il existe ce type de jeu ? Qu’est-ce que vous en pensez ?" Si on l’invite à faire ce type de jeu ensuite, il repensera à cette conversation et sera armé pour bien réagir.

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