Brésil : les essais du CoronaVac suspendus après un "incident grave" survenu chez un volontaire

Brésil : les essais du CoronaVac suspendus après un "incident grave" survenu chez un volontaire

RESPONSABILITE - L'autorité sanitaire du Brésil a annoncé avoir suspendu les essais cliniques d'un vaccin expérimental chinois. En réponse, le laboratoire Sinovac Biotech s'est dit "confiant dans la sûreté du vaccin" et nie sa responsabilité.

L'annonce a été faite le jour même où le géant pharmaceutique américain Pfizer a annoncé que son vaccin contre le coronavirus avait atteint une efficacité de 90%. Lundi 9 novembre, l'autorité sanitaire du Brésil a indiqué dans un communiqué avoir suspendu les essais cliniques d'un vaccin expérimental chinois, baptisé CoronaVac, contre le coronavirus après "un incident grave" constaté chez un volontaire le 29 octobre. Si l'Agence de vigilance sanitaire (Anvisa) du Brésil n'a pas fourni de détails sur ce qui s'est passé, elle a indiqué que ce type d'incidents pouvaient inclure la mort, des effets secondaires potentiellement fatals, une invalidité grave, une hospitalisation et d'autres "événements cliniquement significatifs".

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Tandis que l'organisme public qui coordonne les essais vaccins au Brésil, l'Institut Butantan, a avoué être "surpris" par cette décision, le laboratoire chinois Sinovac Biotech qui produit le CoronaVac s'est dit "confiant dans la sûreté du vaccin", soutenant dans un communiqué publié ce mardi que l'incident en question au Brésil était "sans rapport" avec le vaccin. L'Institut Butantan doit donner à 14h une conférence de presse à ce sujet.

Le CoronaVac, objet de discorde au Brésil

Le CoronaVac fait l'objet d'une bataille politique au Brésil entre l'un de ses plus grands partisans, le gouverneur de Sao Paulo, Joao Doria, et son principal adversaire politique, le président Jair Bolsonaro. Le mois dernier, le chef d'Etat d'extrême droite a annulé un accord d'achat de 46 millions de doses du vaccin chinois qui avait été annoncé par son propre ministre de la Santé. Il justifiait sa décision sur le fait que la Chine était "très discréditée" car "le virus y est né". Il a assuré que son pays n'allait "pas acheter un vaccin qui n'intéresse personne", lui préférant celui développé par l'université d'Oxford avec la société pharmaceutique britannique AstraZeneca.

Lundi 9 novembre, Joao Doria a de son côté annoncé que les 120.000 premières doses de CoronaVac allaient arriver à Sao Paulo le 20 novembre. L'Etat de Sao Paulo a un accord avec Sinovac pour acquérir 46 millions de doses (6 millions produites en Chine, les autres au Brésil). Dans un communiqué publié ce mardi, le gouvernement de l'Etat de Sao Paulo dit regretter "d'avoir eu connaissance de la décision par la presse, au lieu d'en avoir été informé directement par l'Anvisa", et espère avec l'Institut Butantan en savoir davantage sur "les vraies raisons de la suspension". "Les responsables du gouvernement de l'Etat [de Sao Paulo, ndlr] craignent que Bolsonaro utilise des décisions techniques pour retarder le calendrier de vaccination pour des raisons politiques", a rapporté le journal Folha de Sao Paulo, citant des proches de Joao Doria.

Le CoronaVac, comme le vaccin de Pfizer, sont actuellement tous deux  à l'essai, en phase 3, au Brésil, deuxième pays le plus endeuillé par la pandémie, avec plus de 162.000 morts.

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