Budget de la Sécu : les pistes pour économiser des milliards

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SANTÉ - A partir de ce mardi, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale va être examiné par les députés à l'Assemblée nationale. Voici comment le gouvernement compte faire des économies pour ramener le déficit de la Sécu à 2,2 milliards.

Les députés se penchent à partir de ce mardi sur le projet de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). L’objectif est d’équilibrer à l’horizon 2020 les comptes de la Sécu - dont le déficit est aujourd’hui estimé à 5,2 milliards d’euros - et également de réduire la dette de 140 milliards d’euros dès 2024. La chasse aux économies initiée par la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui estime inutiles 30% des dépenses d’assurance maladie, doit permettre de gagner 3 milliards d’euros et de ramener le déficit à 2,2 milliards d’euros en 2018, soit son niveau de 2001. 

Plus de rigueur à l'hôpital !

L’hôpital, avec 16 milliards d’économies, est tout particulièrement dans le collimateur de la ministre de la Santé. Pour baisser la facture des centres hospitaliers, le gouvernement souhaiter encourager les opérations en ambulatoire, un mode de prise en charge permettant de raccourcir à une seule journée votre hospitalisation pour certaines interventions chirurgicales. D’ici 2022, sept patients sur dix devront être opérés en ambulatoire, contre cinq sur dix aujourd’hui, indique nos confrères du Parisien.


Agnès Buzyn souhaite, en outre, "fermer les lits qui ne servent à rien ou les réorienter vers de nouveaux besoins". Les séjours à l’hôpital coûteront aussi plus chers. Le forfait journalier hospitalier payé par les patients va passer de 18 à 20 euros en chirurgie et en médecine, et de 13,50 euros à 15 euros en psychiatrie, détaille le quotidien Le Parisien. De quoi économiser 200 millions d’euros en 2018. Les patients qui n’ont pas de complémentaire devront payer de leur poche. Pour les autres, ce sont les mutuelles qui prendront en charge cette hausse. Des mutuelles pour qui la mesure passe mal et qui ont annoncé d'ailleurs des répercussions sur le montant des cotisations.

Diminution des allocations familiales

Le "plan Buzyn" prévoit de s’attaquer au sujet sensible des allocations familiales. Le montant et les conditions de ressources des aides pour prestation d’accueil du jeune enfant (Paje) vont être alignés sur ceux du complément familial (versé aux familles de 3 enfants ou plus). Concrètement : pour les enfants nés ou adoptés à partir d’avril prochain, l’allocation de base - 92,31 euros ou 184,62 euros par mois et par enfant de moins de 3 ans - va diminuer de 7,50 euros ou 15 euros. A travers cette mesure, le gouvernement entend réaliser 500 millions d’euros d’économies, dont 70 millions d’économies dès l’année prochaine. 

Chasse à la fraude aux arrêts de travail

Dans le viseur de la ministre de la Santé, notamment, les arrêts de travail abusifs. Rien qu’en 2016, l’Assurance maladie a détecté et bloqué pour 244,8 millions d’euros de fraudes. Un chiffre en augmentation de 5% par rapport à 2015 et qui a bondi de 25% depuis 2014, indique Le Parisien. Dans huit cas sur dix, ces fraudes sont le fait de professionnels de santé (médecins, hospitaliers, infirmiers ou libéraux) et seulement 20% viennent des assurés eux-mêmes. L’an dernier, le montant des fraudes aux cotisations, toutes catégories confondues, a atteint 1,2 milliard d’euros, des chiffres en augmentation constante.

Prix des cigarettes et taxe soda

Le gouvernement a annoncé son intention de fixer le prix moyen du paquet de cigarettes à 10 euros en 2020. Une première augmentation de 0.35 centime est prévue dès le moins de novembre, puis 1 euro en mars 2018, encore 1 euro en 2019 et enfin 0.90 centime en 2020. L’Etat a prévu de récupérer 510 millions d’euros dès l’année prochaine afin de financer la prise en charge des maladies liées au tabagisme. Ces dernières coûtent aux finances publiques 13,8 milliards d’euros tous les ans, après déduction des recettes fiscales.

Enfin, dans le cadre de la lutte contre l’obésité, une nouvelle mouture de la taxe soda est en préparation. Depuis son lancement, en 2012, son montant - 2,48 centimes par canette - est resté identique. Bientôt, elle tiendra compte de la teneur en sucre du produit. Le prix de certains sodas pourrait ainsi grimper de cinq centimes.  

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