Cancer : 60% des malades subissent des pertes de revenus

Cancer : 60% des malades subissent des pertes de revenus

DirectLCI
MALADIE - Réduction du temps de travail, frais médicaux, assistance… la Semaine nationale de lutte contre le cancer nous rappelle que cette maladie est aussi un combat social car les patients doivent faire face à une chute de revenu importante qui les oblige à réduire considérablement leurs dépenses quotidiennes.

À l'annonce d'un cancer, il n'y a pas que l'épreuve physique et morale que l'on doit affronter. Les conséquences financières sont également à prendre en compte. C'est sur cet aspect moins connu de la maladie qu'a voulu mettre l'accent  la Ligue contre le cancer , à l'occasion d'une semaine nationale de sensibilisation. Les résultats de son enquête révèlent ainsi que 60% des malades subissent une perte de revenus entre 4 000 et 14 000 € sur 18 mois. Dans 44 % des cas, cette situation met leur foyer en péril économiquement.

Pour Jessica Zucman-Rossi, médecin et chercheuse à l'institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), ce changement difficile à vivre peut aboutir à une véritable précarité. "Au début les malades sont préoccupés par la gravité de leur cas. Mais l'aspect financier prend rapidement le dessus et arrive même en premier plan une fois le traitement terminé. On leur propose des entretiens avec des assistantes sociales mais ce sujet reste encore tabou en France", explique-t-elle.

Trop de frais à titre personnel

Le statut d’Affection Longue Durée (ALD) attribué au cancer qui promet une prise en charge à 100 % n’exonère pas les patients d'autres dépenses auxquelles ils devront se soumettre : les prestations annexes (kinésithérapie, perruque, prothèses mammaires, accompagnement psychologique, massages, etc.) sans oublier les frais de transport pour aller suivre un traitement, les dépassements d’honoraires pratiqués par certains médecins et les frais de chambre en cas d’hospitalisation.

Mais la conséquence la plus importante reste la diminution, voire l'arrêt total de l’activité professionnelle . Les absences fréquentes et la fatigue obligent couramment à prendre un congé. Résultat, près d'une personne sur deux modifie son mode de vie pour des raisons économiques liées à la maladie, selon une enquête menée en 2011 par le Dispositif d'Observation Pour l'Action Sociale (DOPAS). Les femmes, notamment, représentent 65 % des demandeurs d’aides financières auprès de La Ligue contre le cancer.

"Je pense que la bienveillance est le maître mot pour favoriser le retour des patients au travail et les garder insérés le mieux possible dans la vie sociale. C'est la meilleure piste pour réduire les inégalités face au cancer", conclut Jessica Zucman-Rossi. Le thème de l'inégalité a d'ailleurs été présenté comme la priorité du nouveau Plan cancer 2014-2019 présenté en février par François Hollande . En espérant qu'il ne faudra pas attendre cinq ans pour voir les premières mesures apparaître.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter