Cancer : comment parler de la mort et de la maladie à votre enfant

Cancer : comment parler de la mort et de la maladie à votre enfant

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TUMEUR – Ce dimanche 15 février, c'est la journée internationale du cancer de l'enfant. Pour garder la confiance de son enfant, la maladie ne doit pas être un tabou. Mais il faut tout de même choisir ses mots avec précaution.

Chaque année, en France, près de 2500 nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués chez les enfants, la moitié chez les moins de 5 ans et 800 chez les adolescents. Souvent, "les parents sont réticents à l'idée de parler du cancer à leur enfant : ils voudraient le protéger de la compréhension de la maladie, parce qu'ils ont peur de le faire déprimer et qu'il combatte moins le cancer", explique à metronews Lorraine Gravereau, psychologue dans le département de cancérologie pédiatrique de l'Institut Gustave Roussy (IGR). Alors qu'il est important de dire la vérité à son enfant sur l'épreuve qu'il traverse.

La plupart du temps, il ne va pas verbaliser ses émotions et ses inquiétudes. Soyez donc attentif à son comportement : s'il a des troubles du sommeil, de l'alimentation au-delà de ce que le traitement induit, s'il est d'un coup plus renfermé ou refuse les soins, c'est une façon d'alerter sur ses difficultés psychologiques. À ce moment-là, il est essentiel de dialoguer, avec si besoin l'intermédiaire d'un psychologue.

Ne jamais mentir

"L'enfant malade a le droit d'avoir accès aux informations qui le concernent. Souvent, il demande un entretien seul avec un psychologue dès l'âge de 3-4 ans. Il sent l'angoisse de la mort, l'inquiétude de ses parents, constate que les règles éducatives se sont assouplies. C'est sa vie, sa maladie, il veut savoir si ses traitements ont un sens, s'ils fonctionnent", poursuit la psychologue de l'IGR. Le mot d'ordre, c'est donc de dire la vérité, en adaptant évidemment son discours à l'âge de l'enfant.

Parler de "boule" plutôt que de "tumeur"

Pour les petits et parfois jusqu'à 12 ans, mieux vaut utiliser le mot "boule" plutôt que celui de "tumeur" : "il peut entendre 'tu meurs', ça peut résonner comme un impératif", détaille Lorraine Gravereau. Ensuite, il s'agit de lui expliquer que l'équipe va "tout faire pour guérir cette boule qui prend trop de place, qui peut être agressive et envoyer des petits soldats pas très gentils dans son corps" avec des outils adaptés à son âge, comme de la pâte à modeler ou des Playmobil.

Distinguer enfant et maladie

Il arrive que l'enfant demande si c'est à cause de lui que ses parents sont tristes en ce moment. Il s'imagine en effet que le cancer est une punition parce qu'il a fait ou dit quelque chose de mal ("j'ai été méchant avec ma sœur", "je ne voulais pas aller à l'école et ensuite la méchante boule est arrivée"). Dans ces cas-là, il ne faut pas nier sa propre tristesse mais au contraire valider la perception de l'enfant en le distinguant bien de la maladie : "Oui, tu as bien compris, nous sommes tristes parce qu'il se passe quelque chose de compliqué, mais ce n'est pas à cause de toi, c'est à cause de la maladie."

Valoriser l'enfant

Il est donc important de valoriser son enfant, pour éviter qu'il ne sombre dans ces sentiments négatifs. "Un enfant malade a souvent une mauvaise image de lui-même. Il perd ses cheveux, se trouve moche. Or, au-delà de son aspect physique, il a une personnalité et ça a de la valeur", rappelle Lorraine Gravereau. La psychologue incite aussi les parents à féliciter leur enfant pour les progrès qu'il faits, d'autant plus qu'il est plus difficile de réussir à l'école à cause de la maladie ou des effets secondaires des traitements.

Toujours le prévenir des effets secondaires

Il n'est pas non plus question d'éviter de parler des effets secondaires des traitements : "On explique toujours qu'il va perdre ses cheveux, parce que sa maladie est très forte et nécessite des médicaments très forts. Si un enfant n'est pas prévenu, il ne fera plus confiance aux adultes. Or il faut que la relation de confiance à ses parents survive aux traitements." Ces explications sont valables pour tous les soins : "Il faut instaurer un climat de calme. Même si ce n'est qu'une piqûre, on explique ce qu'on va lui faire et pourquoi. Ça l'aide à traverser cette épreuve au lieu de la subir."

>> Cliquez ici pour télécharger le guide de l'INCa "Mon enfant a un cancer : comprendre et être aidé" <<

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