Cancer de la prostate : faut-il vraiment recourir à l'ablation ?

Cancer de la prostate : faut-il vraiment recourir à l'ablation ?

TRAITEMENT - Une étude américaine suggère qu'une surveillance active des patients atteints d'un cancer localisé de la prostate serait autant efficace que la chirurgie ou la radiothérapie. Explications.

Avec  55.000 nouveaux cas par an en France, le cancer de la prostate reste le plus fréquent chez l’homme. Et de nombreux patients subissent une ablation complète de la prostate. Un acte toujours justifié ? Peut-être pas. Une étude publiée récemment dans le New England Journal of Medicine prouve que ce traitement  ne serait pas plus efficace qu'un autre. 

Les chercheurs de l’université d’Oxford (Royaume-Uni) se sont intéressés aux trois modes de traitement : la radiothérapie, la chirurgie et la surveillance active (qui désigne des visites médicales régulières, un contrôle de la prostate, des biopsies et un test permettant de mesurer l’évolution de la maladie).  Cet essai clinique a été réalisé sur 1643 patients âgés de 50 à 69 ans. Au hasard, chaque patient a  été dirigé vers l’une des trois options thérapeutiques.

17 décès

Dans les dix ans suivant le diagnostic, 17 personnes sont décédées : huit dans le groupe de surveillance, cinq parmi ceux qui ont subi une opération et quatre au sein du groupe de radiothérapie. Indépendamment du traitement assigné, la survie à 10 ans est d’environ 99%. Un excellent résultat qui pose donc la question de la nécessité de l’ablation. Comme le rappelle l’Institut national du cancer, cette technique entraîne de nombreux effets secondaires non négligeables : une incontinence urinaire, des troubles de l’érection ou un risque de phlébite. Un bémol toutefois, les patients sous surveillance active avaient un risque de propagation du cancer plus important que ceux qui avaient subi une radiothérapie ou une chirurgie.

Les résultats de cette étude pourraient jouer un rôle clé dans le choix du traitement le plus adapté. Ces conclusions s’appliquent aux hommes dont les tumeurs ne sont pas propagées à l’extérieur de la prostate.

Lire aussi

    VIDEO ARCHIVES - Droit à l'oubli : emprunter après un cancer, une mission qui n'est plus impossible

    En vidéo

    Droit à l'oubli : emprunter après un cancer, une mission qui n'est plus impossible

    Sur le même sujet

    Les articles les plus lus

    SONDAGE EXCLUSIF : Forte percée de Valérie Pécresse, Emmanuel Macron toujours en tête

    Covid-19 : pourquoi les enfants sont devenus le "moteur de l’épidémie" ?

    Covid-19 : protocole renforcé à l'école, fermetures des discothèques... Le point sur les nouvelles mesures sanitaires

    EN DIRECT - Covid-19 : 12.096 personnes hospitalisées dont 2191 en soins critiques

    Covid-19 : les discothèques fermées pour 4 semaines, annonce Jean Castex

    Lire et commenter
    LE SAVIEZ-VOUS ?

    Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

    Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.