Cancer du col de l'utérus : l'auto-dépistage aussi efficace que le frottis

Santé

SANTE - Dans une récente étude des chercheurs français ont démontré qu'un test réalisé par les femmes à leur propre domicile permet de dépister un cancer du col de l'utérus aussi efficacement que le dépistage habituel qu'est le frottis. Ils aimeraient généraliser cette méthode pour inciter davantage les femmes au diagnostic, en particulier celles qui échappent au programme de dépistage systématique.

Cancer colorectal , VIH… le dépistage à domicile se généralise de plus en plus. Cette tendance pourrait également s'appliquer au diagnostic du cancer du col du col de l'utérus. En effet, des chercheurs français ont montré qu'un auto-prélèvement vaginal à domicile offrait des résultats aussi efficaces qu'un frottis effectué par un médecin pour le dépister. "Nous avons retenu un dispositif acceptable et peu cher et montré qu'il était aussi efficace que le frottis", a précisé le Dr Ken Haguenoer du CHU de Tours dans une étude menée entre 2009 et 2011 auprès de 722 femmes.

En France, les femmes de 25 à 65 ans sont invitées par les autorités sanitaires à faire des frottis tous les trois ans, mais 40 % ne les font pas régulièrement, en raison des délais d'attente et des difficultés d'accès à un gynécologue, notamment en zone rurale. De fait, le taux de couverture national estimé à 63 % stagne depuis plusieurs années alors que la maladie continue à tuer chaque année environ un millier de femmes. Les participantes à l'étude ont été invitées à faire un frottis classique et deux auto-prélèvements en utilisant un écouvillon (une sorte de coton-tige) pour prélever quelques cellules dans le vagin.

En complément plutôt qu'en remplacement

Le but est de détecter la présence de papillomavirus (HPV), des virus qui sont à l'origine d'une majorité de cancers du col de l'utérus. L'auto-prélèvement est ensuite envoyé à un laboratoire. Une méthode de dépistage moins chère qui favoriserait nettement plus la participation qu'une lettre de relance pour un frottis. "La plupart des 722 femmes ont également trouvé que ces prélèvements étaient moins gênants et moins douloureux qu'un frottis", ajoute le Dr Ken Haguenoer. Seul hic : 14 % d'entre elles ont toutefois rapporté avoir rencontré quelques difficultés pour les réaliser.

C'est en cas de résultat positif du test HPV, que les médecins recommandent de faire un frottis qui permettra de dépister d'éventuelles lésions précancéreuses. Mais ces derniers ont bien précisé toutefois qu'ils n'entendaient pas le remettre en cause car l'auto-test a pour principale vocation d'offrir une alternative aux femmes qui ne participent à ce dépistage organisé. A ces deux méthodes de prévention jumelées s'ajoute en complément la vaccination (Gardasil et Cervarix) qui cible les types de papillomavirus les plus répandus, à l’origine de 70 % des cancers du col de l’utérus.

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