Cancer du pancréas : une amélioration du pronostic vital

Santé

TUMEUR – Le 13 novembre 2014, c'est la première journée mondiale du cancer du pancréas. L'occasion de faire le point sur le dépistage, le diagnostic et les traitements qui permettent d'augmenter le taux de survie.

Avec près de 12.000 nouveaux cas par an en France, le cancer du pancréas est le seul cancer dont la mortalité est en augmentation. Il pourrait même devenir la deuxième cause de mortalité par cancer, alerte la Fondation Aide et recherche en cancérologie digestive ( A.R.C.A.D. ). Le gastroentérologue Pascal Hammel rappelle en effet à metronews que le taux de survie à 5 ans tous stades confondus est de 5% seulement. Ce taux passe à 25% chez les malades qui peuvent être opérés (environ 15%).

Chimiothérapie de plus en plus efficace

Le professeur Hammel souligne les progrès de la chimiothérapie et l'amélioration du pronostic vital. "On est passé d'une survie médiane de 6 mois pour les cancers métastatiques à 10-11 mois. Ce cancer reste grave, mais c’est une amélioration significative et certains malades avec une tumeur métastatique ont une survie plus prolongée, dépassant deux ans." L'objectif : "Arriver à contrôler l’évolution de la tumeur à défaut de la guérir pour le moment, afin de stabiliser l'état des malades avec une bonne qualité de vie."

EN SAVOIR + >> Cancer du pancréas : la piste des bactéries radioactives

Pour diagnostiquer précocement le cancer du pancréas, il n’est pas envisageable de mettre en œuvre un dépistage de masse. La prévention repose sur l’éviction des facteurs de risque comme le tabagisme ou l'obésité. Dans 5% des cas, il existe une prédisposition génétique. Un dépistage ciblé réalisé par des équipes spécialisées est donc pour l'instant réservé à ces familles à risque :
celles dans lesquelles il y a eu plusieurs cas de cancers du pancréas, ce qui en augmente le risque chez les apparentés,
celles où il existe une mutation génétique (notamment celle du gène BRCA2, la même qu'Angelina Jolie , ou CDKN2A) associée à des antécédents de cancer du pancréas.

Mais la "rentabilité" de ce dépistage est encore limitée. Sur cent personnes surveillées, on détectera des lésions précancéreuses chez dix d’entre elles et la moitié seulement seront opérées. "Et encore, il n'est pas sûr qu'il s'agisse à chaque fois d’un cancer débutant", précise le spécialiste de cancérologie digestive.

EN SAVOIR + >> À 15 ans, il crée un test de dépistage du cancer du pancréas

Détection des kystes précancéreux

Or, idéalement, il faut détecter la tumeur avant que les symptômes apparaissent : "Il faut arriver vite au diagnostic et vite aux traitements." Car la survenue de ces douleurs au creux de l'estomac, qui irradient dans le dos, de la jaunisse ou des vomissements, symptômes qui peuvent être associées à une apparition d’un diabète et souvent à un amaigrissement suspect, signifient que le cancer est avancé et souvent déjà plus opérable. En effet, la chirurgie serait inefficace car le cancer s'est développé à l'extérieur de l'organe.

Que faire alors ? Faire confiance à la rigueur des radiologues. Car, dans un certain nombre de cas, les personnes découvrent fortuitement qu'elles ont une lésion précancéreuse du pancréas, souvent sous la forme d’un kyste, lors d'un examen d’imagerie réalisé pour une autre pathologie. Il n'est en effet pas rare de passer au scanner ou à l'IRM à partir de l’âge de 40-50 ans. Des douleurs digestives ou gynécologiques banales peuvent ainsi permettre de découvrir des kystes précancéreux au niveau du pancréas. "Pour certaines d’entre elles, ces lésions pourraient évoluer vers un cancer. Mais pas si on opère au bon moment", signale le professeur Hammel. Si le radiologue voit quelque chose de suspect au niveau du pancréas, il orientera le patient vers un gastroentérologue ou un chirurgien digestif.

Lire et commenter