Cancer du poumon : on va pouvoir le diagnostiquer grâce à un test sanguin

Santé
TUMEUR – Dans quelques années, on pourra diagnostiquer un cancer du poumon avant même que les tumeurs soient visibles au scanner. Des chercheurs de l'Inserm ont en effet montré que l'on pouvait détecter cette maladie par le biais d'un test sanguin.

Le cancer du poumon est parmi les plus meurtriers. I l tue chaque année en France 21.300 hommes (devant le cancer colorectal et celui de la prostate) et 8700 femmes (juste derrière le cancer du sein). Notamment parce que seuls 15% de ces cancers sont diagnostiqués à un stade précoce, où la maladie est localisée. D'où l'importance de cette étude publiée dans la revue Plos One qui vient de montrer que l'on peut diagnostiquer ce cancer par un test sanguin, avant même qu'il soit détectable au scanner.

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Les travaux, menés par une équipe de chercheurs de l'Inserm, soulignent en effet qu'il est possible de détecter, chez des patients à risque de développer un cancer du poumon, des cellules cancéreuses circulant dans le sang plusieurs mois, voire plusieurs années, avant que le cancer devienne détectable par scanner. Ce dépistage précoce permettrait de procéder à une intervention chirurgicale avant que les tumeurs ne s'étendent. Un moyen de lutte conséquent dans l'éradication de ce cancer invasif.

Cellules cancéreuses dans le sang

Des études antérieures menées sur l'animal avaient montré que les tumeurs invasives diffusaient dans le sang des cellules cancéreuses dès les toutes premières étapes de leur formation. Parvenir à identifier ces "cellules sentinelles" est donc un atout majeur dans la course contre la montre visant à détecter, et donc à traiter, le cancer de manière précoce.

L'équipe de l'Inserm a utilisé un test sanguin issu de recherches menées par le laboratoire de pathologie clinique et expérimentale de l'hôpital Pasteur, à Nice. Ce test a pour avantage d'isoler du sang toutes les cellules tumorales, sans perte. Leur étude a porté sur 245 personnes sans cancer, dont 168 patients à risque car atteints de bronchopathie chronique obstructive (maladie qui, chez les fumeurs, augmente le risque de cancer du poumon). Des cellules cancéreuses circulantes ont été identifiées chez cinq de ces patients à risque au moyen du test sanguin.

Diagnostic précoce, opération et éradication

Au moment du test sanguin, l'imagerie médicale ne révélait aucun nodule au niveau pulmonaire. Un à quatre ans après la détection par test sanguin, des nodules sont devenus détectables par scanner chez ces cinq patients. En revanche, aucun nodule n'a été détecté dans le suivi des sujets pour lesquels le test sanguin n'avait pas révélé de cellules cancéreuses dans le sang, ce qui appuie la fiabilité du test et de la démarche.

Une fois les nodules détectés, les patients ont donc été opérés et la biopsie effectuée sur les nodules a confirmé le diagnostic de cancer du poumon. Un an après l'opération, aucun signe de récidive n'était à déplorer. Ce qui laisse penser que le cancer a été éradiqué et que cette détection précoce permettrait donc d'améliorer le taux de survie des patients, aujourd'hui estimé à 44% à un an et 16% à cinq ans.

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