Cancer du sein : prendre un traitement hormonal 5 ans de plus permettrait d’éviter la rechute

Santé

CANCER – Une nouvelle étude révèle que suivre un traitement hormonal pendant 10 ans, au lieu de 5 ans, permettrait de réduire le risque de récidive du cancer du sein.

Avec 11.913 victimes par an, le cancer du sein est le plus meurtrier chez les femmes. L’Institut national du Cancer recense 54.062 nouveaux cas en 2015. Mais même après l’ablation chirurgicale de la tumeur, les patientes continuent de courir un risque. "Il ne s’agit pas d’un second cancer, mais de la résurgence d’un cancer déjà traité, détaille le Dr Mario Di Palma, oncologue à l’Institut Gustave-Roussy sur le site de la Ligue contre le cancer . Ce qui ne veut pas dire que le traitement initial a été inutile mais insuffisant. La rechute est liée à la persistance des cellules tumorales."

Pour réduire le risque de récidive du cancer "à récepteur d’œstrogène positif (HER2 positif)", une nouvelle étude présentée ce dimanche lors de la grande conférence annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO) à Chicago (Etats-Unis) montre que prescrire une hormonothérapie plus longtemps serait efficace, données cliniques à l’appui.

Des traitements hormonaux prescrits sur 5 ans

Après un cancer du sein, le protocole veut qu’un traitement hormonal soit prescrit pendant 5 ans. Le but : limiter les risques de récidives. Mais beaucoup de femmes souhaitent arrêter ce traitement à cause des effets secondaires souvent handicapants.

C’est le cas du Femara , un anti-aromatase (létrozole), prescrit aux femmes ménopausées, qui peut affecter la solidité des os ou du tamoxifène , pour les femmes non ménopausées. Ce dernier peut entraîner des bouffées de chaleur ou des maux de tête.

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34% moins de risque de récidive dans l’autre sein

Malgré ces inconvénients, cette nouvelle étude révèle que poursuivre ce type de traitement hormonal pendant 10 ans permet de réduire le risque de réapparition de la tumeur dans l’autre sein de 34%. Les anti-aromatase sont les plus efficaces selon cette même recherche.

Concernant la récurrence de la tumeur initiale, dans les os, le foie ou d’autres organes, la différence entre les deux groupes est moins marquée. Ainsi 5,7% des volontaires ayant pris l’anti-œstrogène ont à nouveau eu un cancer, contre 7,1% du groupe placebo.

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Le tamoxifène recommandé

Pour arriver à ce constat, les chercheurs ont suivi 1918 femmes canadienne et américaine. La moitié des participantes a ainsi pris un traitement avec du femara pendant dix ans. Le second groupe a pris un placebo.

"Ces résultats sont importants pour des millions de femmes dans le monde avec un cancer du sein à récepteur d’œstrogène positif (HER2 positif)", note Harold Burstein, un professeur de Harvard qui n’a pas participé à l’étude. L'ASCO recommande aux femmes de prendre du tamoxifène pendant dix ans ou de le remplacer après cinq ans, par un inhibiteur d'œstrogène comme le Femara.

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