Cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne : les autorités de santé n'ont rien trouvé d'inquiétant

Cancers pédiatriques à Sainte-Pazanne : les autorités de santé n'ont rien trouvé d'inquiétant
Santé

CLÔTURE - Après plusieurs mois d'investigation sur les nombreux cas de cancers pédiatriques aux alentours de la commune de Sainte-Pazanne (Loire-Atlantique), Santé publique France fait savoir ce mercredi qu'aucune cause commune n'a été identifiée.

Depuis 2015, dix-sept cancers pédiatriques ont été recensés dans le secteur de la commune de Sainte-Pazanne, en Loire-Atlantique. Quatre enfants, de 3 à 19 ans, en sont notamment décédés. Face à l'inquiétude de nombreux parents et grâce au combat du collectif "Stop aux cancers de nos enfants", les autorités sanitaires ont lancé des investigations pour tenter de trouver la cause de cette recrudescence de cancers chez les enfants. Après des mois de recherches, des centaines de prélèvement d'échantillons, plus de 80.000 analyses environnementales et la mobilisation de dizaines d’experts régionaux et nationaux, Santé publique France (SPF) n'a pas pu confirmer l'existence d'une situation singulière. 

"Malgré les efforts déployés, il n’a pas été possible d’identifier une cause commune pouvant expliquer la survenue de cancers pédiatriques sur le secteur de Sainte-Pazanne", fait savoir SPF dans un communiqué. Aucun risque avéré, "dans l'état actuel des connaissances", n'a été relevé, tant dans les principaux milieux de vie des enfants atteints de cancers que dans les principaux sites industriels du secteur.

Pas de "cause commune" identifiée

Déterminé à faire éclater la vérité, le collectif "Stop aux cancers de nos enfants" avait pris l'initiative, en septembre 2019, de faire analyser les cheveux des enfants de Sainte-Pazanne. Il avait révélé, preuves à l'appui, qu’"un nombre très important de polluants organiques (pesticides, perturbateurs endocriniens) et de métaux" avaient été décelés dans les cheveux d’une vingtaine d’enfants, malades ou en bonne santé. L'enquête épidémiologique, dont les résultats ont été divulgués quelques semaines plus tard, avait confirmé le fait que le nombre de cancers pédiatriques dans le secteur sur la période 2015-2019 est plus important que ce que l’on observe en moyenne en France. Le questionnaire soumis aux treize familles participantes n'avait cependant pas permis d'identifier un facteur de risque pouvant expliquer un tel regroupement de cancers. Santé Publique France avait alors conclut "à la présence d’un regroupement spatio-temporel sans cause commune identifiée".

En parallèle, des investigations environnementales ont été conduites par l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) pour repérer d’éventuels dépassements des valeurs de référence. Si les campagnes de prélèvements, dans l’eau, l’air, les sols, les champs électromagnétiques ou encore les rayonnements ionisants ont permis de détecter une pollution au radon (issu des formations géologique), au formaldéhyde (émis par les revêtements, le mobilier) et au lindane (en lien avec un traitement de la charpente) dans l'école Notre-Dame de Lourdes, elles ne permettent cependant pas de remettre "en cause les conclusions de Santé publique France sur l’absence de cause commune identifiée susceptible d’expliquer le regroupement de cancers pédiatriques observés", rapporte le communiqué.

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Une surveillance maintenue malgré tout

Pour autant, Santé publique France fait savoir que "dans une volonté de respecter au mieux les recommandations du guide méthodologique d’investigation des clusters, mais aussi face à l’inquiétude sociétale", la surveillance des cancers pédiatriques sera maintenue en collaboration avec les CHU de Nantes et d’Angers et le registre. Par ailleurs, l’ARS, la DREAL et la direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (DRAAF) ont décidé de financer la réalisation de campagnes de mesures des pesticides dans l’air extérieur sur la commune de Sainte-Pazanne. Cette campagne, d’une durée d’un an, vient de débuter. Elle aura pour objectif de mieux identifier les expositions aux pesticides des populations.

Nous dénonçons des manquements et un refus de transparence.- Le collectif "Stop aux cancers de nos enfants"

Suite à ce communiqué, le collectif a fait savoir sur sa page Facebook ne pas être étonné de ces conclusions mais regrette un manque de transparence de la part des autorités. "Nous dénonçons des manquements et un refus de transparence. Ils [l'ARS et Santé Publique France, ndlr.] ne sont même pas en capacité de transmettre les chiffres des cancers des enfants par commune sur notre département.", regrette-t-il. "Nous venons de perdre plus de 3 ans en croyant qu’ils pouvaient chercher. Nous venons de perdre plus de 3 ans à leur faire confiance. Nous venons de perdre plus de 3 ans pendant lesquels de nouveaux enfants auraient peut-être pu ne pas tomber malade. Des enfants auraient pu ne pas mourir. Combien de temps allons-nous encore perdre ?", questionnent les membres du collectif, amers.

Dans l'Eure, aux alentours de la ville de Pont-de-l’Arche, une dizaine de cancers pédiatriques a aussi été recensée ces dernières années. Une enquête épidémiologique lancée en 2019 a là encore confirmé un nombre de cancers pédiatriques supérieur à la moyenne nationale. Une éventuelle cause commune est encore recherchée par l'ARS.

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