Vous souffrez d'une transpiration excessive ? Cette technique médicale promet de vous en débarrasser

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AVANCÉE - Lorsqu'il fait chaud, notre corps peut perdre jusqu'à 2,5 litre d'eau par jour. Et cela passe aussi par la transpiration des aisselles, pas toujours très agréable ni esthétique. Une technique, arrivée en France il y a peu, permet de ne plus jamais transpirer de cette partie du corps. Nous avons rendu visite à une dermatologue qui délivre ce type de traitement pour en savoir un peu plus.

Il fait chaud et vous écumez désespérément tout le rayon des déodorants à la recherche de celui qui sera vraiment efficace ? Une solution existe... A condition d’avoir un peu d’argent de côté. Il s’agit du Miradry, une technique tout droit venue des Etats-Unis et proposée par quelques dermatologues en France. La machine, sorte de gros robot, permet en une seule séance de réduire de 80% la transpiration. Sur le papier, c’est plutôt alléchant. Nous avons pris rendez-vous chez la dermatologue Laurence Netter, qui utilise le miraDry depuis quatre ans dans son cabinet, pour voir de quoi il en retournait.

Des micro-ondes pour détruire les glandes sudorales... Et les poils

Le lieu de travail de la dermatologue se trouve à quelques pas des Champs Elysées, dans les beaux quartiers. Son cabinet, une grande pièce claire, est meublé d’un bureau, d’une table de consultation ainsi que d’une étrange machine positionnée à côté de celle-ci. C’est le fameux Miradry. Elsa, la patiente du jour, signe les derniers papiers avant d’aller s’allonger sur la table, mains derrière la tête. Cette trentenaire ne supporte plus les auréoles causées par une transpiration qu’elle trouve excessive. Positionnée à ses côtés, l’assistante du cabinet met en route la machine, tandis que le docteur Netter mesure la taille de ses aisselles. "Ça définit la taille de la zone à traiter", explique-t-elle. Un calque est ensuite appliqué pour situer les points qui devront être ciblés.


"C’est une petite intervention qui se fait sous anesthésie locale, qui dure une heure et qui permet en une séance d’enlever environ 80% des glandes sudorales", explique la dermatologue. "Miradry a été mis au point par des médecins qui ont constaté que sur les cicatrices de brûlures, il n’y avait ni poils ni transpiration. Ils ont cherché une technique qui pouvait faire chauffer ces glandes sudorales sans agir ni sur la peau ni sur les structures plus profondes et ont eu l’idée d’utiliser des micro-ondes." Celle-ci font non seulement chauffer les glandes sudorales, mais aussi la racine des poils. Le système pileux de la zone traitée est donc également détruit à environ 80%. Un double avantage pour Elsa, qui s’est laissée convaincre par sa cousine. "Elle m’a dit que ça n’était absolument pas douloureux et super efficace."

Un investissement conséquents pour des effets durables

Une fois ses deux aisselles anesthésiées, la patiente passe donc sous les micro-ondes de Miradry, délivrées par une tête d’application qu’aiguille l’assistante du docteur Netter. Aucune douleur à signaler de la part d’Elsa, qui garde le sourire aux lèvres. Une heure plus tard, le traitement est terminé. "Vous voyez, la peau n’est absolument pas rouge", nous montre la dermatologue en effaçant le calque de l’aisselle de sa patiente. Les seules marques encore visibles sont celles des suçons provoqués par la tête de la machine lors du traitement, ainsi que le renflement de l’aisselle encore empli de liquide anesthésiant. Des traces qui disparaîtront sous trois jours environ. Les aisselles sont également "légèrement sensibles pendant 24h", fait savoir le docteur.


La séance, dont les effets doivent perdurer à vie, coûte 2.000 euros. Un investissement fait par 120.000 patients américains en 2017, et par de plus en plus de Français de tous milieux sociaux, assure la professionnelle. La technique est d’ailleurs efficace sur tout le monde, quelle que soit la couleur de la peau,  de poils, chez les hommes comme chez les femmes. La seule condition est de ne pas être enceinte, de ne pas porter de pacemaker et de ne pas avoir eu un cancer ayant entraîné une ablation des ganglions sous les bras.

Une technique sans danger ?

A ceux qui seraient réticents, craignant des effets secondaires ou arguant la nécessité de transpirer des aisselles, la dermatologue répond qu’il n’y a pour l’heure eu aucun effet secondaire notoire. "Sous les aisselles, on n’a qu’1% des glandes sudorales. Les enlever n’agit absolument pas sur ce qu’on appelle la thermorégulation. Et puis ces glandes sudorales sont un tout petit peu particulières. Elles sont différentes des glandes eccrines qui régulent la température. Ce sont des glandes apocrines qui sont sensibles au stress. Donc on élimine essentiellement ces glandes apocrines." La machine est de plus agrée par la Food and Drugs Adminastration (FDA) aux Etats-Unis, "qui est l’équivalent d’une AMM [Autorisation de mise sur le marché, ndlr.] pour un médicament en France. Donc c’est gage de sécurité et d’efficacité", assure-t-elle.


D’autres alternatives existent cependant, comme le botox. "Elles marchent très bien chez tous les patients et bloquent la transpiration quelle que soit la température. Mais le gros problème, c’est que c’est réversible dans le temps et que ça coute cher. Par contre pour un mariage ou pour une occasion ponctuelle, c’est une très bonne alternative. Cela coûte entre 300 et 400 euros."

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