Carte du déconfinement : Mayotte est la seule collectivité d'Outre-mer classée rouge

Carte du déconfinement : Mayotte est la seule collectivité d'Outre-mer classée rouge
Santé

ZOOM - Sur la première version de la carte du déconfinement, l'île de Mayotte apparaît en rouge. Et pour cause, le virus y circule toujours activement. Au point de pousser l'ARS à la placer au stade 3 épidémique. Mi-avril déjà, un avis du conseil scientifique l'avait classée dans "une catégorie à part". Explications.

Conséquence du classement en zone verte sur la première version de la carte élaborée par le ministère de la Santé, les modalités de déconfinement seront relativement souples aux Antilles, en Guyane et à la Réunion à compter du 11 mai. Elles seront a contrario plus strictes à Mayotte, seule collectivité d'Outre-Mer classée rouge. Sans grande surprise. 

Sur ce territoire ultramarin de l'océan Indien, également en proie à l'épidémie de dengue, et où la crise sociale menace, le virus circule en effet toujours activement, avec désormais 539 cas confirmés  (dont 235 guéris). D'où son passage, ce jeudi, au stade 3 de l'épidémie, qui correspond à une circulation active du virus sur l’ensemble du territoire. "Sur tous les critères annoncés par le Premier ministre, on est dans le rouge" annonce la directrice de l'ARS Dominique Voynet.

Lire aussi

79 cas supplémentaires en 48 heures

Pour rappel, la carte des zones rouges et vertes présentée ce jeudi par le Ministère de la Santé a été élaborée selon que les indicateurs sur l'épidémie de coronavirus sont bons ou mauvais. Le premier critère pris en considération repose ainsi sur "le taux de cas nouveaux dans la population sur une période de sept jours", permettant d'évaluer si le virus circule toujours activement. Le deuxième facteur concerne, lui, la tension des capacités hospitalières, évaluée au niveau régional.

Or, Mayotte, premier territoire ultramarin en termes de nombre de personnes infectées, devant La Réunion (420 cas, pas de décès), a ainsi franchi le stade 3 épidémique avec 79 cas supplémentaires en 48 heures, a annoncé jeudi l'Agence régionale de santé (ARS). Au total, parmi les 304 malades déclarés et non guéris depuis le début de la crise, 4 sont en actuellement réanimation, et 4 sont décédés. 

Une situation "particulièrement préoccupante"

 "Le mur épidémique est devant nous", avait déclaré la directrice de l'ARS de Mayotte, Dominique Voynet, la semaine dernière, ajoutant  qu'elle n'était "pas très pour" un déconfinement à partir du 11 mai, alors que sur l'île à majorité musulmane, les habitants, qui observent le jeûne du ramadan, pourraient saisir l'occasion pour se réunir. En outre, l'île se trouve confrontée en parallèle à une épidémie de dengue. 

Dans un avis rendu début avril, le conseil scientifique, qui assiste l'exécutif dans la crise, avait classé Mayotte, touché par une grande pauvreté et des capacités sanitaires limitées, dans "une catégorie à part". Il a évoqué une situation "particulièrement préoccupante : plus de 80% de la population vit sous le seuil de pauvreté, 30% des habitations n'ont pas l'eau courante et l’offre de soins est limitée", mettant en balance la jeunesse de la population (un habitant sur deux a moins de 18 ans) et une forte prévalence de l'obésité et du diabète, qui sont des facteurs de risque.

"Le système de santé à Mayotte n'est pas saturé"

Pour le député LR de Mayotte, Mansour Kamardine, "le gouvernement doit (...) passer à l’action : puisqu’il recommande de tester massivement, qu’il fasse en sorte qu’on puisse tester massivement, puisqu’il recommande de porter des masques, qu’il fasse en sorte que l’on dispose de masques, puisqu’il recommande de confiner les cas avérés, qu’il fasse en sorte qu’on confine les cas avérés", écrit-il dans communiqué publié mercredi. 

"Aujourd'hui, le système de santé à Mayotte n'est pas saturé", a pour sa part déclaré la secrétaire d'Etat auprès du ministère de la Santé Christelle Dubos dans un Facebook live mercredi sur Outre-mer la 1ere. "Mais nous savons que la situation est très évolutive, d'autant plus qu'il y a 15 jours de décalage à Mayotte par rapport à la métropole". L'ARS de Mayotte "a sollicité des renforts au niveau national pour apporter plus de lits de réanimation", a ajouté Mme Dubos, "et c'est ce à quoi nous travaillons, avec notamment la mise en place d'un hôpital de campagne". Concernant, la capacité de tests, elle a expliqué qu'elle était "aujourd'hui de 300 tests par jour", et que l'objectif était de "doubler" ce nombre.

Toute l'info sur

Les grands défis du déconfinement

Suivez les dernières informations sur le déconfinementRegardez jusqu'où vous pouvez vous déplacer sans attestation

Pour rappel, ce classement binaire a vocation à adapter le déconfinement "aux réalités locales" à partir du 11 mai. Actualisée et présentée quotidiennement, pour permettre aux départements de se préparer, cette carte est susceptible d'évoluer dès ce 1er mai, avant d'être "cristallisée" le 7 mai, date à laquelle chaque département sera fixé sur la catégorie "rouge" ou "verte" dans laquelle il sera classé après le 11 mai et sur laquelle les autorités locales (préfectures, rectorats, maires, etc.) devraient notamment s'appuyer pour prendre leurs décisions, par exemple au sujet de la réouverture des écoles.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent