Cas mortel de rougeole : la mère affirme que sa fille "a contracté la maladie aux urgences" de Poitiers

DirectLCI
FAIT DIVERS - La mère de la jeune femme morte de la rougeole à Poitiers affirme mardi sur France Bleu Poitou que Jessica (32 ans) a "contracté la maladie aux urgences". Elle n'aurait été rappelée ni par l'ARS ni par le CHU de Poitiers pour la mettre en garde contre le risque épidémique infectieux alors que ce week-end-là, le centre hospitalier avait dû faire face à 10 cas de rougeole.

"Il y avait des tas de gens malades, dont des enfants qui attendaient sur les fauteuils. Mais personne ne portait de masque. Personne ne nous a rien dit". Au micro de France Bleu Poitou, la mère de Jessica morte de la rougeole au CHU de Poitiers livre un témoignage bouleversant. Yolande Riquelmé affirme que sa fille a "contracté la maladie aux urgences". Mardi, l’Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine avait annoncé le décès de cette jeune femme de 32 ans, victime de l’épidémie de rougeole qui sévit depuis novembre dans la région. 


Le CHU de Poitiers a de son côté réagi en estimant que la victime fait partie des cinq personnes qui "ont pu contracter la maladie au contact d’un autre patient au CHU de Poitiers lors de l’apparition des premiers cas". Si l'hôpital a annoncé avoir pris des mesures, comme le port du masque dans les zones à risque, au moment du passage de Jessica aux urgences, il n’en était rien selon la mère.  "Jessica souffrait d'obésité, elle ne sortait jamais, parce qu'elle n'osait pas. La seule fois où elle est sortie, c'est pour accompagner son père et moi au CHU de Poitiers. Il n'y a que là qu'elle a pu contracter la rougeole !", explique Yolande Riquelmé, qui assure que ce week-end-là, aucun message de prévention n'était mis en place pour prévenir le risque épidémique infectieux. Or, entre le 19 et le 22 janvier, le CHU de Poitiers a dû faire face à un assaut de rougeole avec plus de 10 cas.

"S'ils m'avaient rappelée, on en serait pas là"

Alertée par le CHU, l'Agence régionale de santé aurait pourtant fait le nécessaire pour  tenter de rappeler les "personnes contacts", ces personnes qui de près ou de loin ont approché ces malades de la rougeole : amis, famille, personnes croisées en salle d’attente...  Au total, l'ARS aurait rappelé 91 personnes ainsi qu'une centaine de soignants. Mais la mère de Jessica est formelle : "Nous n'avons pas été rappelés, ni par l'ARS ni par le CHU de Poitiers. (…) J'aurais aimé pourtant qu'on me prévienne car ma fille n'était pas vaccinée. Dans les années 80-86, les autorités nous avaient dit que le ROR (Rougeole, Oreillons, Rubéole) n'était plus obligatoire ! "


En larmes, elle raconte que si elle avait su, il est certain que Jessica, mère également d’un enfant de 9 ans, "serait allée se faire vacciner". "S'ils m'avaient rappelée, on n'en serait pas là !", soupire-t-elle. La suite n’est qu'une descente aux enfers : "Je l'ai emmenée aux urgences le 1er février, elle était bleue, elle avait 41°C de fièvre !" "Ma fille faisait partie de ces enfants qui étaient passés à côté de la vaccination. A cette époque-là on nous disait que ça n'était pas nécessaire", ajoute-t-elle dépitée. 

Contactée par la radio, l’ARS de Nouvelle-Aquitaine n'exclut pas d'avoir oublié Jessica dans le cadre de ses rappels : "La victime n'était qu'accompagnante, il est possible que nous soyons passé à côté. Mais il faut étudier ce qu'il s'est passé. Les équipes hospitalières du CHU de Poitiers essaient de comprendre la globalité du processus".  

Plus d'articles

Sur le même sujet

Lire et commenter