Ce qu'il faut savoir sur le troisième Plan cancer

Ce qu'il faut savoir sur le troisième Plan cancer

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MEDECINE - Après le Plan cancer 2003-2007 sous Jacques Chirac et le deuxième (2009-2013) lancé par Nicolas Sarkozy, François Hollande a dévoilé mardi 4 février les contours d'un troisième plan de lutte. Dépistage, prévention, lutte contre le tabac… il cible les priorités pour les cinq années à venir.

Thème principal : la lutte contre inégalités
Il l'avait déjà annoncé en décembre 2013 : le troisième plan cancer sera dédié à la lutte contre les inégalités sociales et territoriales. "Ce 3e plan s'est fixé comme ambition de donner les mêmes chances à tous, partout en France" face à cette maladie, a déclaré le chef de l'Etat. "Le risque de mourir d'un cancer entre 30 et 65 ans est deux fois plus élevé chez les ouvriers que chez les cadres". Sur un budget annoncé de 1,5 milliard d'euros (à peu près équivalent au 2eme Plan cancer), la moitié financera des mesures nouvelles, en particulier pour "réduire les inégalités ".

Renforcer la lutte contre le tabac
Fer de lance  de tous les Plans cancer le tabac, responsable de 30 % des décès par cancer à lui seul, est de nouveau particulièrement ciblé dans la prévention . François Hollande a demandé à la ministre de la Santé Marisol Touraine qu'un "programme national de réduction du tabagisme" soit présenté avant l'été. De nouvelles hausses du prix du tabac seront prévues, sachant que "les recettes supplémentaires abonderont un fonds dédié à la recherche, à la prévention et à la prise en charge du cancer".

Le Président souhaite particulièrement enrayer cette addiction chez les plus jeunes fumeurs. Une grande campagne sera diffusée aux heures de grande écoute avec des "images si dures soient-elles" sur la maladie. "Un jeune qui entre dans l'addiction au tabac a une chance sur deux de mourir avant 60 ans. Fumer à 17 ans c'est prendre le risque de mourir avant 60 ans, cette phrase doit être répétée partout et à tous", a-t-il lancé. Pour la première fois, les infirmières scolaires seront habilitées à proposer des substituts nicotiniques.

Généraliser le dépistage du cancer de l'utérus
Le cancer du col de l'utérus touche aujourd'hui 3 000 femmes, dont 1 000 en décèdent chaque année. "La généralisation du frottis tous les trois ans pour 80 % des femmes contre 60 % aujourd'hui réduira la mortalité de 30 % en dix ans", a précisé à ce sujet le président. Un autre moyen de prévention, la couverture vaccinale contre le papillomavirus humain chez les jeunes filles devra être doublé d'ici cinq ans. Le but : "l'éradication à terme de cette maladie".

Faciliter et accélérer la prise en charge
" Toutes les personnes qui se feront dépister seront prises en charge sans avance de frais", a affirmé le Président sur le sujet. Autre objectif, réduire le temps d'attente avant de passer un examen d'imagerie IRM : de 27 jours en moyenne aujourd'hui, il passera à 20 jours et se déroulera "où que l'on réside", avec un investissement de 15 millions d'euros pour les régions sous-équipées. Enfin, les dépenses de chirurgie reconstructrice après une ablation du larynx ou du sein seront simplifiées.

Doubler le nombre d'essais cliniques
Les essais cliniques concernent aujourd'hui 25 000 patients. "L'enjeu du plan cancer, c'est de doubler en cinq ans le nombre des essais cliniques pour qu'ils concernent tous les cancers et notamment les 1 700 cancers pédiatriques et toutes les régions, y compris celles qui sont aujourd'hui les moins concernées et je pense à l'outre-mer", a indiqué François Hollande.

Penser à "l'après cancer"
Comme le deuxième Plan cancer 2009-2013, des mesures seront prévues pour les patients en rémission, afin d'améliorer leur vie personnelle et mettre fin aux discriminations ."La majorité des malades sont guéris mais deviennent suspects, le jour où le souvenir de leur cancer les rattrape et leur barre l'accès à un crédit", a relevé le Président. L'accès aux prêts, crédits et assurances sera notamment facilité pour les patients guéris dans l'enfance, ainsi que ceux que la science déclare comme définitivement guéris, car ils n'auront plus à préciser s’ils ont souffert d’un cancer.

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