Ces médicaments qu'il vaudrait mieux éviter de prendre

Ces médicaments qu'il vaudrait mieux éviter de prendre

DirectLCI
MEDECINE - Trop anciens, trop récents, trop risqués ou encore trop méconnus... la revue médicale indépendante Prescrire dresse une liste noire des médicaments commercialisés alors que leur balance bénéfices-risques est défavorable.

Ils sont une soixantaine et ils sont jugés plus dangereux qu'utiles. Dans son dernier bilan des "médicaments à écarter pour mieux soigner", la revue Prescrire publie une nouvelle liste de médicaments à éviter  en raison de leurs risques ( une précédente liste avait déjà été publiée en février 2012 ). Leur énumération dans la liste signifie pour les auteurs qu'ils doivent "être écartés "dans l'intérêt des patients". Il a fallu trois ans aux auteurs (entre 2010 et 2013) pour dresser cette nouvelle liste.

"Tous les médicaments ne se valent pas. Dans certaines situations, des médicaments sont utiles : ils apportent un avantage thérapeutique par rapport à d'autres options. D'autres médicaments sont plus nocifs qu'utiles et sont à écarter des soins, en attendant leur retrait du marché", explique la revue. Ceux cités dans la liste ont ainsi une "balance bénéfices-risques défavorable dans toutes les situations cliniques pour lesquelles ils sont autorisés".

Attention aux graves effets indésirables

Cancérologie, cardiologie, dermatologie, pneumologie, neurologie… aucun domaine n'est épargné. Les auteurs citent par exemple le Protelos du laboratoire Servier, utilisé dans le traitement de l'ostéoporose à risque élevé de fractures, mais qui peut entraîner de graves troubles neurologiques et cardiovasculaires graves pouvant aller jusqu'au décès. L'Agence européenne du médicament (EMA) vient d'ailleurs de  recommander sa suspension il y a quelques semaines.

Les auteurs citent également la quinine (Hexaquine, Okimus), utilisée pour traiter les crampes. L'efficacité de ce médicament est jugée faible, alors qu'il expose à des effets indésirables graves voire mortels comme des réactions anaphylactiques (réactions allergiques graves) ou des troubles hématologiques. Ils déconseillent également la prescription du dompéridone (Motilium) pour les reflux gastro-oesophagiens, soulignant que d'autres médicaments - nettement moins dangereux - existent.

Pas de récompenses cette année

De même, l'Izilox (moxifloxacine), un antibiotique, n'est "pas plus efficace que d'autres" alors qu'il expose à des syndromes de Lyell (une atteinte brutale et grave de la peau, potentiellement mortelle) et à des hépatites graves. En pneumologie, les décongestionnants vasoconstricteurs par voies orale et nasale sont une nouvelle fois pointés du doigt (l’éphédrine, la naphazoline) car ils "exposent à des troubles cardiovasculaires graves voire mortels disproportionnés pour des médicaments destinés à soulager des troubles bénins."

"Même dans les situations graves, une impasse thérapeutique ne justifie pas d’exposer les patients à des risques graves, quand l’efficacité clinique n’est pas démontrée", conclut les auteurs. En parallèle, ces derniers établissent au même moment un palmarès inverse, celui de la "Pilule d'Or", qui récompense le médicament de l'année. Mais pour la sixième année consécutive la revue à renoncer à le décerner : l'année 2013 serait une année de plus sans progrès important apporté par de nouveaux médicaments.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter