C’est prouvé, la fessée est inutile et dangereuse

C’est prouvé, la fessée est inutile et dangereuse
Santé
DirectLCI
EDUCATION - Dans l’exercice de leur autorité parentale, certains parents reconnaissent volontiers avoir déjà donné une fessée à leur enfant. Or, une étude américaine montre qu’elle serait inefficace et favoriserait les troubles du comportement.

La fessée devrait-elle être interdite ? Le débat fait rage. Pour certains, une petite tape sur les fesses n’a jamais fait de mal à personne, au contraire. Pour d’autres, c’est un acte de violence envers les enfants à prohiber.

Une nouvelle étude américaine va dans le sens des détracteurs de ce châtiment corporel. Publiée en avril 2016 dans la revue Journal of Family Psychology, la recherche montre que la fessée n’assoit pas l’autorité des parents. Pire, les enfants l’ayant reçu développent davantage des troubles du comportement.

EN SAVOIR + >>  VOTEZ - Faut-il une loi pour interdire les gifles et les fessées ?

Les données de 160 927 enfants analysées

Pour arriver à ce constat, les chercheurs de l’université d’Austin et du Michigan (Etats-Unis) ont mené une méta-analyse de plusieurs études. En tout, ils ont analysé les données de 160 927 enfants sur une cinquantaine d’années. Ils ont ainsi distingué la fessée des autres châtiments corporels et pris en compte son degré d’intensité.

Egalement, les scientifiques ont voulu connaître les effets de cet acte sur le comportement des enfants l’ayant reçu. C’est l’étude la plus complète menée sur le sujet. Elle ne prend en compte que la fessée et non les comportements abusifs.

Des parents pas plus respecté, des enfants avec des troubles

Résultats : de manière générale, les parents qui ont donné des fessées à leur progéniture n'étaient pas plus respectés que ceux qui n'en donnaient pas. Preuve, que cet acte serait inefficace dans l’éducation, pour les chercheurs.

De plus, les auteurs des travaux ont constaté que les enfants fessés sont plus susceptibles de développer un trouble du comportement. Agressivité, problème mentale ou cognitif, comportement antisocial…plus un enfant a reçu de fessées, plus il a de chance d’avoir un de ces troubles. D'après les scientifiques, la fessée entraîne les mêmes effets sur les enfants qu’un châtiment corporel plus violent, mais à un degré moindre.

Cette étude intervient alors que trois députés souhaitent déposer une proposition de loi pour interdire la fessée. Leur but : "abolir toute forme de violence faite aux enfants". Selon un rapport de l’UNICEF de 2014, environ 80% des parents à travers le monde utiliseraient la fessée pour corriger leurs enfants.

A LIRE AUSSI 
>> 
Interdire la fessée en France : "Nous n'avons pas besoin d'une loi", estime Laurence Rossignol
>> 
70% des Français veulent pouvoir châtier leurs enfants

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter