Choc toxique : "Les coupes menstruelles ne sont pas plus dangereuses que les tampons"

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MISE AU POINT – La coupe menstruelle, aussi appelée cup, est-elle vraiment plus dangereuse pour la santé des femmes que les tampons hygiéniques ? On a demandé confirmation à l’auteur de l’étude, le Dr Gérard Lina, biologiste au CHU de Lyon.

Après la publication d’une étude française, plusieurs médias titraient sur la "dangerosité de la coupe menstruelle". Or, "aucun dispositif ne stimule la production de la toxine qui déclenche le choc toxique", concluaient les chercheurs de ces travaux. Alors, pourquoi  la coupe menstruelle, vantée comme une protection intime écolo et fiable, était-elle pointée du doigt ? Le Dr Gérard Lina qui travaille au CHU de Lyon et a mené les travaux explique qu’il s’agit "d’une mauvaise interprétation". 

"Les résultats de notre étude menée en laboratoire sont plutôt rassurants", détaille le chercheur, qui a passé au crible plusieurs protections intimes parmi les plus utilisées. Contrairement à ce qu’ils avaient supposé au départ, la composition des tampons et autres protections hygiéniques ne favorisent pas le développement de la bactérie du staphylocoque doré, responsable du syndrome du choc toxique, ni de la toxine qu’il produit.


 "C’est bon signe car cela veut dire que les produits que nous utilisons sont de bonne qualité", se réjouit le chercheur.  Ou du moins ceux qui ont été testés  : Nett, Tampas, Natracare, Ob. Une bonne nouvelle car il y a vingt ans, "on a démontré que les staphylocoques se reproduisaient dix fois plus vite au contact du tampon Rely".

Tampons, cup... même combat !

La confusion sur les coupes menstruelles vient du graphique publié avec les résultats. On peut notamment y voir que les coupes Be’cup ou Meluna favorisent davantage la production de toxines que les tampax par exemple. Mais il faut savoir que ces tests ont été réalisés indépendamment de la collecte de tampons (dont l’étude des fluides commencera en septembre)  et qu’ils ont été effectués en laboratoire. "Les différences observées entre les marques et les dispositifs ne  peuvent pas être transposées systématiquement pour une  recommandation pratique, en raison du caractère préliminaire et de possibles biais expérimentaux", explique le Dr lina. Les enseignements tirés de ces tests doivent encore être confirmés par de nouvelles études, à partir d'une collecte de cups, par exemple.

Le Dr Lina précise l'observation, à l'origine des conclusions hâtives: "A cause de leur diamètre, les coupes permettent le passage de plus d’oxygène et peuvent donc favoriser le développement du staphylocoque et la production de sa toxine. Mais à ce stade, ce n’est qu’une hypothèse." De ce que nous dit la science, la coupe menstruelle peut donc être utilisée sans crainte… mais pas n’importe comment !


"Pour se développer, le staphylocoque doré a besoin de nutriment (le fluide menstruel) et de temps ", prévient le chercheur. Ainsi, les protections intimes qui bloquent le sang trop longtemps constituent un excellent moyen de culture de la bactérie. La solution ? "Les femmes doivent éviter de laisser en place plus de 4 à 6 heures les protections comme les tampons ou les coupes", conseille le spécialiste, qui recommande de privilégier les serviettes hygiéniques au moment d’aller se coucher. Avec la vérité rétablie, vous allez pouvoir dormir l'esprit léger. 

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