"Légal" selon le ministère, le "joint électronique" divise les autorités sanitaires

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SANTÉ - Parmi les parfums existants pour les cigarettes électroniques, l'un d'eux suscite la curiosité et le débat ces derniers jours : la saveur cannabis. Si, pour le ministère de la Santé, l'e-cigarette au CBD, molécule non considérée comme stupéfiante, est légale bien qu'à surveiller, l'Agence nationale du médicament souhaite son interdiction.

Depuis le début de la semaine, le sujet fait débat. Commercialisé depuis maintenant plusieurs mois, l'e-cigarette a vu une variété particulière venir garnir son vaste catalogue de produits. En effet, en boutique ou sur internet, il est désormais possible de trouver, parmi les parfums comme la mûre ou la framboise, la saveur cannabis. La question est de savoir, s'agit-il de "joint" électronique et est-ce légal ? Le cannabidiol (ou CBD) est bien une molécule présente dans le cannabis mais ne provoque pas d'effet planant, contrairement au THC. 


Présent sur le plateau de LCI, l'addictologue et président de SOS Addiction William Lowenstein estime qu'il "ne s’agit pas du tout de joint." "Pour le commun des mortels, le joint, c’est le cannabis qui contient ces principes actifs, psychoactifs, les THC, ce qui fait "planer" et modifie la pensée ou encore le goût. Seulement, dans le cannabis, il y a une centaine de molécules dont le CBD qui, même s’il a une structure assez proche des THC, n’a pas les mêmes effets psychoactifs", développe-t-il.

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"Joint électronique" : l'éclairage de l'addictologue William Lowenstein

Chez nos voisins suisses, vous avez les pots de CBD, entre les cigarettes et les Malabar.Dr William Lowenstein sur LCI

Avant de détailler les effets du CBD : "Ce sont des effets plutôt sédatifs. Le risque du CBD est de baisser la vigilance, donc certains vont dire que cela va permettre de s’endormir. Cela va être quelque chose de plutôt anxiolytique, d’apaisant. (...) Il ne s’agit pas d’un stupéfiant, donc il n’est pas illégal, et chez nos voisins suisses, dans les bureaux de tabac, vous avez les pots de CBD entre les cigarettes et les Malabar. Tout ceci est une petite tempête dans un verre d’eau."


Pour le tabacologue Bertrand Dautzenberg, il est malgré tout nécessaire d'encadrer le produit. "À priori, il y a moins de dangers d’addiction qu’avec le THC, mais c’est un produit qui est mal connu et justement, il faut l’encadrer pour que cela soit surveillé et que l’on prenne le principe de précaution nécessaire pour pouvoir vérifier qu’il n’y a pas d’addiction."

Du côté des autorités sanitaires, les avis sont également différents. Ainsi, l'agence nationale du médicament (ANSM) se positionne clairement pour l'interdiction de ces cigarettes électroniques au CBD, quand le ministère de la Santé estime au contraire que ce produit est légal, n'ayant pas de propriété stupéfiante. 


Cependant, ce dernier assortit sa vente de plusieurs conditions. Le produit doit être exclusivement consacré au vapotage et ne doit pas contenir plus de 0,2 % de THC. Des contrôles seront menés par la Répression des fraudes pour s'assurer que ces conditions sont respectées.

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