Cinq questions sur la PrEP, le traitement préventif contre le sida commercialisé en France depuis deux ans

Cinq questions sur la PrEP, le traitement préventif contre le sida commercialisé en France depuis deux ans

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DÉCRYPTAGE - Près de deux ans après la commercialisation de la PrEP en France, un traitement préventif contre le VIH, on décompte entre 5000 et 6000 utilisateurs dans l'hexagone. Mais comment ça marche au juste ? Qui est concerné ? On fait le point.

Désormais, les moyens de prévention ne se limitent plus au préservatif. A l'occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida ce vendredi, LCI a décidé de s'intéresser à la prophylaxie pré-exposition (PrEP), surnommée la "pilule anti- sida".  


Commercialisée en France depuis janvier 2016, après l'approbation de l'ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine, elle est aujourd'hui utilisée par plusieurs milliers de personnes particulièrement exposées au risque d'infection à VIH. Mais en quoi ça consiste ? Combien de personnes en profitent ? On fait le point. 

C'est quoi la PrEP ?

Le principe de la PrEP est assez simple : il s'agit de proposer à une personne séronégative - qui n'est pas porteuse du VIH - et qui n'utilise pas systématiquement le préservatif lors de ses rapports sexuels, un traitement préventif contre le virus du sida afin de diminuer, voire d'empêcher le risque d'infection. Le médicament utilisé dans le cadre de la PrEP est le Truvada (ou son générique), un antirétroviral déjà utilisé par les séropositifs dans le cadre des trithérapies.

Comment ça fonctionne ?

Il y a plusieurs moyens de prendre la PrEP. Le premier est le traitement en continu : un comprimé de Truvada, ou du générique, par jour. Le deuxième est la prise à la demande : un comprimé deux heures avant une relation sexuelle à risque, puis une autre à J+1, et un dernier à J+2. Le médicament est prescrit à l'hôpital mais également dans certains centres spécialisés.


Quelle que soit le type de prise, plusieurs études ont prouvé l'efficacité de cette méthode pour empêcher les contaminations. Un essai avait  d'ailleurs été mené dès 2012 par l’Agence nationale de recherche contre le Sida (ANRS), en partenariat avec l’association AIDES, dont les résultats avaient conduit à la commercialisation de la PrEP en France.

Qui est concerné ?

La PrEP est proposée en priorité aux populations à haut risque, c'est-à-dire particulièrement exposées au risque d'infection à VIH, tels que les hommes ayant des rapports sexuels non protégés avec des hommes, les prostitué(e)s ou encore les migrants, notamment les femmes. On estime qu'il y aujourd'hui entre 5000 et 6000 utilisateurs de la PrEP en France.

Combien ça coûte ?

Si au moment de son lancement en France le traitement était particulièrement coûteux (406,87 euros la boite de 30 comprimés), des versions génériques sont aujourd'hui disponibles dont celle du laboratoire Mylan, vendue 179,90 euros la boîte. La PrEP est intégralement remboursée par la Sécurité sociale depuis janvier 2016.

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Est-ce que ça marche ?

Plusieurs tests ont été menés, notamment dans le cadre de l'étude Ipergay, coordonnée par l'Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS). Une première phase de l'étude, avec un groupe sous Truvada et un groupe sous placebo, a montré une efficacité de 86% de la Prep à la demande, selon des résultats publiés en 2015. Dans ce groupe, 50% des participants prenaient plus de 15 comprimés par mois et avaient plus de 10 rapports sexuels par mois.


Selon le professeur Jean-Michel Molina, directeur du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis (AP-HP), le "développement de la PrEP en vie réelle confirme son efficacité". "Sur les 3000 personnes traitées, il n’y a eu que trois ou quatre infections, le plus souvent sur des personnes qui étaient déjà contaminées ou avaient très mal pris leur traitement", a-t-il assuré à LCI.

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