Cinquième vague : le pic épidémique sera-t-il atteint avant Noël en France ?

Cinquième vague : le pic épidémique sera-t-il atteint avant Noël en France ?

COVID-19 - Certains spécialistes prévoient que le pic de cette 5e vague survienne à la mi-décembre. Mais aucun indicateur ne permet d’affirmer que ce stade est proche. Explications.

Sur LCI, Martin Blachier a expliqué, lundi 6 décembre, que Noël sera sauvé puisque cette période concordera avec "une phase descendante de l’épidémie". Le médecin de santé publique, qui se veut rassurant depuis des semaines sur la dynamique suivie par l’épidémie, prévoit "un pic autour du 15 décembre" en s’appuyant sur ses propres modélisations et celles de l’Institut Pasteur. Il y a quelques jours, l’épidémiologiste Antoine Flahaut considérait auprès de LCI qu’un pic franchi à cette date était "plausible"

Dès lors, que peut-on dire à cette heure sur l’évolution du virus en France, alors que de nouvelles restrictions ont été prises lundi par le gouvernement ? Va-t-on passer le pic de cette cinquième vague prochainement ? 

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La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Repartons des propos de Martin Blachier. Pour développer son argument, ce dernier s’appuie en réalité sur un seul indicateur ; le nombre de cas positifs détectés chaque jour. En effet, les nouvelles contaminations augmentent toujours, mais moins rapidement qu’avant. Concrètement, la hausse moyenne des cas constatée sur une semaine faiblit depuis la fin novembre. 

D’après les chiffres de Santé publique France consolidés par Covid Tracker, le taux de croissance des cas est ainsi passé de 56,5% le 28 novembre à 42,3% le 1er décembre et à 34,2% le 3 décembre. De quoi faire dire aux plus optimistes que le pire est derrière nous, prenant les exemples étrangers où la décrue est annoncée pour bientôt. En Allemagne par exemple, le pic semble avoir été atteint, selon les propres mots de Jean Castex, lundi soir. Chez notre voisin, touché plus tôt par la cinquième vague, le nombre de malades quotidiens est passé de 45.753 le 30 novembre à 36.059 le 7 décembre, d'après l'institut Robert Koch.

Le R0 toujours au-dessus de 1

Mais c’est ici que les données actuelles détrompent les prévisions les plus rassurantes. En effet, si les contaminations augmentent moins rapidement qu’avant en France, elles augmentent toujours. C'est sur ce point qu'il faut insister  : au 3 décembre, plus de 41.200 malades du Covid étaient diagnostiqués quotidiennement, soit une hausse de 47% par rapport à la semaine précédente. Or, le pic épidémique ne peut être dépassé que lorsque le nombre de cas quotidiens commencera à infléchir. Et cela ne peut se produire que lorsque le nombre de reproductions du virus sera passé sous la barre de 1. Il s’agit là d’un indicateur essentiel pour surveiller la dynamique de l’épidémie.

Et si le R0 (taux de reproduction initial du virus) se stabilise, il reste très élevé et au-dessus de 1. Ce qui signifie en langage épidémiologiste qu’un malade du Covid va contaminer au moins une personne et que l’épidémie progresse toujours. Il est aujourd’hui évalué à 1,51 : concrètement, une personne malade infecte encore plus d'une personne et demi en moyenne. De quoi faire dire au fondateur de Covid Tracker, ce mardi 7 décembre, que non, "le pic n’est pas passé". "Les cas augmentent vite, la hausse est de plus en plus faible (tout en restant rapide)", a rappelé Guillaume Rozier, en réponse à l’intervention de Gabriel Attal sur France Inter, dans la même veine. 

Des hôpitaux bouchés pour Noël ?

En fait, rien ne permet d’affirmer que le pic va être dépassé à la mi-décembre. À ce jour, le R0 reste au-dessus de 1 et le nombre de nouveaux cas peut tout aussi bien stagner pendant un moment et atteindre un "plateau". Et quand bien même les contaminations baisseraient dans les prochains jours, elles se retranscriront dans les hospitalisations au cours des trois prochaines semaines puisque ces deux indicateurs subissent un décalage de deux semaines. Concrètement, si un malade testé positif ce mardi 7 décembre développe une forme grave de la maladie, il ne sera hospitalisé qu’autour du 21 décembre. 

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De quoi faire craindre un embouteillage des hôpitaux pour les fêtes de Noël, comme l’ont avancé plusieurs membres du Conseil scientifique ou directeurs d’hôpitaux. Si Bruno Lina n’anticipe pas de pic avant janvier, "lorsque le froid est plus intense", Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, et Martin Hirsch, directeur général de l'Assistance publique, ont mis en avant "l’impact important" de la cinquième vague sur l’hôpital, prévoyant ce pic "fin décembre ou janvier". 

Les deux responsables de santé publique semblent ici désigner non pas le pic épidémique, mais le pic hospitalier, qui renvoie au moment où le nombre de malades à l’hôpital et en réanimation est au plus haut. Au 6 décembre, 12.096 patients étaient hospitalisés pour un cas de Covid, un taux qui a dépassé ce jour celui de la quatrième vague. Parmi eux, 2191 étaient admis en soins critiques, un nombre en hausse de 25% par rapport à la semaine précédente.

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