Cœur artificiel Carmat : l'essai clinique continue, les implantations aussi

Cœur artificiel Carmat : l'essai clinique continue, les implantations aussi

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RECHERCHE - Les ingénieurs de la société Carmat à l'origine du premier cœur artificiel continuent de chercher à comprendre les raisons de l'arrêt du premier implanté chez un patient de 76 ans, condition sine qua non pour une prochaine greffe prévue "dans quelques semaines".

La mort du premier patient a avoir bénéficié du cœur artificiel Carmat ne suspend pas le projet. À condition d’attendre que le mystère autour des raisons de son décès soit complètement élucidé. Telle est la dernière décision de la société de biotechnologies, comme l'a précisé son cofondateur Philippe Pouletty sur Europe 1 lundi matin. Ce dernier a fait savoir qu'une prochaine implantation serait prévue, une fois l'analyse des données du premier cœur implanté terminée".

"Un nouvel essai dépendra de la conjonction de la disponibilité d'un malade qui répond aux critères et la fin de l'analyse par les ingénieurs et les cliniciens, disons probablement dans quelques semaines", a-t-il déclaré au micro d'Europe 1. Interrogé sur les causes de la mort  du premier greffé de ce cœur 100 % artificiel, il s'est néanmoins montré très prudent : elles sont encore inconnues et l'hypothèse d'un court-circuit est peu probable. "On fait des analyses approfondies", a-t-il ajouté.

Un protocole "ni arrêté ni suspendu"

Les médecins seraient donc en désaccord sur ce point, puisque  dans Le Journal du dimanche , le Pr Alain Carpentier, concepteur du projet, avançait cette piste comme début d'explication. "Il y a eu un court-circuit. Cela a entraîné un arrêt cardiaque identique à celui que peut présenter un cœur naturel pathologique", avait-il expliqué. "La prothèse est un outil complexe, en relation avec le système vasculaire du patient et l'unité d'alimentation, toute simplification excessive est fausse", a balayé Philippe Pouletty sur Europe 1.

"Les centres agréés poursuivent l’évaluation des prochains patients de l’essai clinique en cours, affirme la société dans son dernier communiqué datant du 17 mars. En tout, le programme d'essais de Carmat comprend quatre patients "au pronostic vital engagé à brève échéance". "Le protocole n’est ni arrêté ni suspendu", précise pour sa part à La Dépêche le Pr Daniel Duveau (CHU de Nantes), l’un des deux chirurgiens auteurs de cette intervention. "Ce dysfonctionnement ne remet pas en cause la totalité du système".

Le patient âgé de 76 ans, Claude Dany, était le premier à recevoir ce cœur le 18 décembre dernier. Alors que Carmat misait sur une implantation dont le critère de succès était de 30 jours , il est mort 75 jours plus tard, le 2 mars. "J'espère sincèrement que l'essai continuera. Que cela servira à d'autres", confiait à ce sujet au JDD Josiane Dany, la femme du malade. A terme, cette prothèse est destinée aux personnes souffrant d''insuffisance cardiaque terminale et qui ne bénéficient d'aucune alternative.

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