Comment éviter les produits cosmétiques aux substances indésirables ?

Santé
Avec tous les produits de cosmétiques sur le marché, il est difficile de savoir lequel choisir. Les substances indésirables se faufilent dans nombre d'entre eux. Pour y voir plus clair, 60 millions de consommateurs donne les bons conseils pour acheter plus sereinement.

Emballages colorés, odeurs attrayantes et messages rassurants, les produits cosmétiques mettent le paquet pour s'assurer une place dans les chariots. L'enquête de 60 millions de consommateurs fait le tri entre les bons et les mauvais élèves. Dans les rayons, les "sans" et "pour" se multiplient mais il faut souvent s'en méfier. Par exemple ce n'est pas parce que le produit est "sans parabène" qu'il ne contient pas d'autres substances néfastes. Ces allégations trompent le consommateur en rassurant d'un côté pour mieux cacher de l'autre. 

La notice pour déchiffrer la composition

La première règle pour faire la chasse aux pièges reste de lire la composition des cosmétiques. Les photos de fleurs de tiarés, d'avocats et de grenades tapissent les récipients. Mais il faut savoir que, s'ils se retrouvent en fin de liste, à l'arrière du produit, c'est qu'ils sont très peu présents. En effet, la lecture se fait par ordre décroissant. Plus le composant est au début, plus il y en a. Conséquence, le consommateur peut déjà se faire une bonne idée de la qualité en ne s'attardant que sur les quatre ou cinq premiers éléments. Si des ingrédients végétaux ou d'origine végétale figurent en tête de liste cela signifie que le produit est plutôt naturel. Méfiance aussi, quand la liste s'allonge. Plus il y a d'ingrédients, plus le risque d'avoir des mauvaises surprises est important. 

Néanmoins, ce système a une légère faille. Un produit présent à moins de 1 % n'est plus soumis à cette règle d'affichage. Il peut être placé n'importe où. Certains industriels en profitent pour mettre en avant des composants "verts" ou "naturels" alors qu'ils sont en minorité. 

Qui de "Ricinus communis oil" ou de "hydrogenated castors oil PEG-8 esters" semble être le plus indésirable ? Quand les appellations incompréhensibles s'en mêlent, il faut se tourner vers le latin et délaisser l'anglais. En effet, la langue morte marque les ingrédients végétaux peu transformés. Quant à la langue internationale, elle est souvent synonyme d'un produit d'origine végétale qui a subi une transformation. Et qui dit transformation dit, la plupart du temps, réaction chimique. Mais pire encore : les abréviations en capitales. Devant les "PEG, PPG, BHA", fuyez, elles pointent du doigt les traces d'un ingrédient de synthèse indésirable. Enfin, les colorants restent facilement repérable avec la mention "CI", suivie de cinq chiffres. 

Pourquoi il est important de faire attention ?

Un gommage ça fait toujours du bien. Ou pas. La quasi-totalité des trousses de toilette comptent un soin gommant ou exfoliant. Sur le packaging : "gommage fruité" et "karité, sucre roux". En réalité, à l'intérieur ce sont des microbilles de polyéthylène. Du plastique en somme. Sauf que ces microbilles ne font pas exception et peuvent parfois être à l'origine de 90 % de la formulation. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, elles ne sont pas biodégradables. Dans les stations d'épuration, les tamis ont des trous trop fins. Ces petites billes finissent dans la mer, les rivières, les estomacs des poissons et s'invitent même dans vos assiettes, dans les huitres. 

La peau absorbe tout. Le bon, comme le mauvais. Les substances indésirables peuvent alors tranquillement se diffuser dans les couches de l'épiderme, s'accumuler et rejoindre les organes. Sauf que les produits cosmétiques sont truffés de perturbateurs endocriniens (comme les fameux conservateurs), de parabène, de triclosan (toxique pour l'environnement). Rien de sain pour l'organisme, au contraire. 

Les perturbateurs endocriniens passent et repassent dans les conversations sans jamais être réellement expliqués. Pourtant ils sont dangereux. En quelques mots ce sont des "substances chimiques d'origine naturelle ou artificielle, étrangères à l'organisme". Ces substances peuvent, même à faible dose, agir sur le système hormonal. Ils imitent l'action des hormones, prennent leur place en se fixant sur les récepteurs des hormones naturelles mais n'envoient pas les mêmes signaux. Par exemple, ils peuvent modifier le fonctionnement de la thyroïde et ainsi favoriser l'obésité. Les informations actuelles ne permettent pas de le confirmer mais ils sont suspectés dans l'apparition de cancers (utérus, sein, prostate, testicule).

Vers quels produits se tourner ?

Les labels bios comme l'Ecolabel Européen, Ecocert, Cosmebio, BDIH, Natrue, Nature et Progrès et Soil association ne garantissent pas le passage d'aucun allergène. Mais les produits bios sont la garantie d'en éviter la majorité et de placer les ingrédients naturels au premier plan avec un cahier des charges strict. 

Pour les shampoings et masques pour les cheveux mieux vaut éviter les silicones et les quats qui asphyxient le cheveu. Si bien qu'avec le temps, ils deviennent asséchés, difficile à coiffer et moins réceptifs aux soins et aux traitements. Côté vernis, mieux vaut éviter les composés comme le toluène qui irrite, le formaldéhyde, classé cancérogène respiratoire et la colophane, allergisant. Tournez-vous vers les nouvelles générations, 3 free, 4 free, jusqu'à 8 free, qui réduisent le nombre d'ingrédients néfastes. 

Enfin, dans la liste des ingrédients à privilégier se trouvent entre autre : l'amande douce, l'argan, le macadamia, le nigelle, l'onagre, le soja, le sésame, la karité, la mangue, le cacao, l'aloe vera, l'acide hyaluronique, le calendula, la glycérine végétale, l'urée, les noyaux d'abricot. 

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