La circulation alternée aide-t-elle vraiment à préserver la santé ?

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RELATIVISER – Alors que Paris et Lyon connaissent en ce moment des pics de pollution, les pouvoirs publics ont opté pour la circulation alternée. Si les automobilistes ne sont pas tous fous de joie à l’idée de prendre les transports en commun, la mesure ne peut que faire du bien à la santé de tous. Explications.

En période de circulation alternée, il faut prendre son mal en patience. Surtout quand les transports en commun rencontrent des problèmes… Beaucoup de Parisiens en ont fait l’amère expérience ce mercredi 7 décembre. Alors que Paris et 22 villes de la petite couronne sont déjà concernés (la mesure est reconduite vendredi), Lyon et Villeurbanne s’apprêtent à faire de même dès ce vendredi.


S’ils ne font pas de covoiturage, les automobilistes sont alors contraints de se rabattre sur les transports en commun. Et même s’ils ne sont pas nombreux à sauter au plafond à cette idée, la mesure participe à faire baisser les nuages de pollution dans lesquel sont plongés les agglomérations parisienne et lyonnaise. Particules, dioxyde …le cocktail de polluants est particulièrement nocif pour la santé. 

Quels sont les dangers ?

Asthme, bronchite aigüe, cancer des voies respiratoires et même accident vasculaire cérébral (AVC)… la pollution de l’air est responsable de nombreuses pathologies. Les particules sont si fines qu’elles parviennent à se faufiler jusque dans le système sanguin. C’est ainsi qu’elles arrivent à créer des caillots qui bouchent les artères. Mais les nanoparticules pourraient aussi s’introduire jusque dans le cerveau. Une étude britannique révélait ainsi qu’elles accentuaient le risque de développer une maladie neurodégénérative comme Alzheimer. 

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Combien de décès sont attribuables à la pollution ?

Chaque année, les particules fines sont  responsables de 42.000 décès en France. L’étude menée par Santé Publique France et publiée en juin dernier révélait alors que 34.000 d’entre eux pourraient être évités. Certes, les conditions météorologiques et la hausse saisonnière de certaines activités amplifient la pollution de l’air mais c’est surtout la pollution des émissions répétées de polluants qui causent le plus de tort à la santé. 

Comment la circulation alternée peut aider à réduire les risques ?

Une fois la pollution atmosphérique installée, il n’y a pas grand-chose à faire pour s’en prémunir. Sauf peut-être rester enfermé chez soi en attendant que ça passe. Mais dans la vie de tous les jours,  la mesure de précaution est difficilement réalisable. Alors les préfectures ont décidé de prendre les devants en instaurant la circulation alternée. Contactée par LCI, l’Agence régionale de Santé d’Ile-de-France précise que les données de ces derniers jours "ne montrent pas pour l’instant d’impact sanitaire particulier avec l’épisode de pollution". Le Bulletin national de SOS Médecins constate bien une hausse des consultations pour des infections des voies respiratoires mais cela serait surtout dû aux maux de l’hiver. 

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Pic de pollution à Paris - Noël Mamère : "Cette circulation alternée est arrivée bien tradivement"

De quoi est constitué le nuage de pollution ?

Les particules : ce sont les matières microscopiques suspendues dans l’air qui noircissent les façades des immeubles. On distingue les PM10 (moins de 10 microns), issus des activités de construction, des particules fines (moins de 2,5 microns), issues des carburants entre autres. Il s’agit du "polluant atmosphérique le plus nocif pour la santé humaine en Europe", précise l’Agence européenne de l’environnement.


Le dioxyde d’azote (NO2) : c’est un gaz brun-rouge produit par les moteurs à combustion et les centrales thermiques. Il est notamment produit en grande quantité par les moteurs diesel. 


Parmi les autres polluants : le dioxyde de souffre est un gaz incolore, dense et toxique. Il provient des combustibles fossiles comme le charbon et le pétrole. Son inhalation est fortement irritante et est responsable de nombreuses pathologies respiratoires. Au printemps, lors des épandages, l’ammoniac (NH3) s’ajoute à ce cocktail nocif. En été, c’est autour de l’ozone (O3), sous l’effet de la chaleur. 

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Pollution à Paris : la circulation alternée est-elle efficace ?

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