Concert, festivals et boîtes de nuit devront baisser d’un ton : ce qui va changer

Concert, festivals et boîtes de nuit devront baisser d’un ton : ce qui va changer
Santé

SON – Les lieux diffusant de la musique devront faire baisser les décibels, en application d’un décret paru au Journal Officiel. Le but : "protéger l’audition du public et la santé des riverains".

Acouphènes, problème de surdité…les oreilles ne sortent jamais indemnes d’une écoute prolongée de musique forte. Selon une étude menée en mars 2017 sur 8098 personnes, à la demande des organisateurs de la journée nationale de l’audition, 25% des personnes dépistées souffrent de sifflements passagers ou permanents après une telle écoute. 

Or, dès que les problèmes d’audition s’installent, ils sont bien souvent irréversibles. C’est pourquoi il était nécessaire d’agir. Un décret publié mercredi au Journal Officiel fixe de nouvelles règles qui seront applicables d’ici un an. Le point sur ce qui va changer.

De 105 à 102 décibels, 94 pour les enfants

Premier point notable : le niveau sonore moyen, mesuré sur 15 minutes, ne pourra plus dépasser 102 décibels, contre 105 décibels auparavant. Un chiffre qui peut paraître dérisoire et pourtant, retirer trois décibels revient à diviser par deux le volume sonore. Les boîtes de nuit, les salles de concerts et même les festivals accueillant plus de 3000 personnes - ce qui est nouveau - devront se conformer à cette nouvelle règle. Tout comme les salles de cinéma et de meetings. En revanche, l'obligation de ne jamais dépasser, même ponctuellement, un niveau de 120 décibels est abandonnée parce que trop difficile à mettre en œuvre. 

Pour préserver les oreilles des plus jeunes, la limite est désormais fixée à 94 décibels lorsque le public est composé d’enfants de moins de 6 ans.

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Protections, zones de repos...

Mais ce n’est pas tout. Que ce soit en festivals, en concerts ou en boîtes de nuit, les structures d’accueil auront l’obligation de mettre à disposition du public des protections auditives, comme des bouchons d’oreilles, de créer des zones de repos auditif ou du moins, mettre en place des périodes de repos auditifs où le niveau sonore ne devra pas dépasser les 80 décibels. C'est en effet à partir de 85 décibels qu’une écoute prolongée peut affecter l’audition. Enfin, elles devront informer le public sur les risques auditifs et seront d’ailleurs tenues d’afficher les niveaux sonores pour qu’ils soient visibles de tous. 

A noter : des bourdonnements ou des sifflements qui perdurent 24 heures après une forte exposition sonore doivent mettre la puce à l’oreille et inciter à se rendre aux urgences. 

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1500 euros d’amende et confiscation de matériel

De nouvelles mesures plus faciles à mettre en place dans les boîtes de nuit, où "il suffit de baisser le potentiomètre", que dans les lieux de concert, selon Angélique Duchemin, coordinatrice nationale d’Agi-son, une structure créée par les acteurs du spectacle vivant, interrogée par l’AFP. "Avec la batterie seule, on peut déjà être à 101 décibels", souligne de son côté Joseph Gatineau, ingénieur du son pour le groupe Radio Elvis notamment. Le tout, sans compter le son produit par le public. 

Des contraintes auxquelles devront se plier les organisateurs quitte à investir, sous peine d’être condamné à 1500 euros d’amende et de se voir confisquer le matériel de sonorisation. 

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