Confinement : Delfraissy suggère un couvre-feu pendant les fêtes et "n'exclut pas" une 3e vague

Jean-François Delfraissy, président du Conseil Scientifique

AJUSTEMENT - Certain que le confinement ordonné par Emmanuel Macron ne suffira pas à atteindre le seuil des 5000 nouvelles contaminations quotidiennes voulu par l'exécutif, le président du Conseil scientifique s'est prononcé en faveur d'un couvre-feu à partir du 1er décembre.

"Il faut passer de 40.000 contaminations par jour à 5000". Tel était l'objectif formulé par Emmanuel Macron, mercredi 28 octobre, au moment d'ordonner le reconfinement du territoire jusqu'au 1er décembre. Pourquoi 5000 ? C'est le niveau de contaminations quotidiennes auquel peut-être mise en place "la seule stratégie qu'on ait de tester, tracer et isoler", explique Jean-François Delfraissy. Invité de France Inter jeudi 29 octobre, le président du Conseil scientifique a toutefois tempéré le volontarisme présidentiel. 

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La France face à son deuxième confinement

"Les données que nous avons montrent qu'au 1er décembre, nous ne serons pas à 5000 contaminations par jour, ça je peux vous le dire d'emblée aujourd'hui, il va falloir plus de temps", a posé l'immunologue, qui a toutefois salué dans le confinement "une décision rapide, ajustée à la situation sanitaire actuelle". "Je ne veux pas paraître comme celui qui annonce toujours les mauvaises nouvelles", mais "le scénario, il est plus d'avoir un confinement de ce type pendant une période d'un mois, de regarder les différents marqueurs et ensuite, de sortir de ce confinement, via par exemple un couvre-feu qui pourrait se poursuivre pendant le mois de décembre, éventuellement couvrir Noël et le Nouvel an, pour en sortir uniquement début janvier".

Une situation moins favorable qu'en mars- Jean-François Delfraissy

Un coup de pied de l'âne aux espoirs de l'exécutif. Invité de France info quelques instants plus tard, le ministre de la Santé Olivier Véran lui a répondu : "Je préférerais qu'on dise qu'on pourrait ne pas avoir 5000 contaminations au 1er décembre".

S'il reconnaît que l'équilibre économique et sanitaire est difficile à obtenir, Jean-François Delfraissy prévient que "les fêtes de fin d'année seront différentes cette année, probablement sous couvre-feu." Et laisse entendre, après avoir prévenu de la probabilité d'une deuxième vague au mois de juin, que l'hypothèse d'une troisième ne peut être évacuée : "C'est une autre affaire, mais ce n'est pas exclu". 

Reste que, si le virus progresse avec fulgurance et dans des conditions encore inconnues, automne oblige, Jean-François Delfraissy professe son optimisme : "J'ai vécu le VIH, Ebola, et bien nous allons nous en sortir. L'innovation arrivera, mais elle n'arrivera pas avant le printemps 2021." Mais il prévient tout de même que le système de soins va connaître quinze jours à trois semaines délicates : "Les soignants sont fatigués, contaminés, à l'hôpital ou en dehors : nous sommes dans une situation moins favorable que celle que nous avions début mars."

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