"Un rendez-vous manqué" : des scientifiques sceptiques face aux nouvelles restrictions

"Un rendez-vous manqué" : des scientifiques sceptiques face aux nouvelles restrictions

POINT DE VUE - Alors que seize départements sont entrés en confinement depuis samedi, plusieurs scientifiques s'interrogent sur l'efficacité réelle de ces mesures, et doutent qu'elles aient un effet sur les contaminations.

Troisième confinement, nouvelles restrictions, mesures de freinage supplémentaires... Qu'importe le nom donné aux règles entrées en vigueur depuis samedi, elles ne conviennent pas à l'ensemble de la communauté scientifique. Pour plusieurs spécialistes, les mesures mises en place dans seize départements, dont l'intégralité de l'Île-de-France et des Hauts-de-France, risquent en effet d'être insuffisantes pour contrer la vague épidémique.

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La France retrouve le confinement

"Je n'ai pas l'impression que cela va permettre de contrôler (l'épidémie) et faire diminuer la circulation du virus", admet le Pr Patrick Berche, membre de l'Académie de médecine (voir vidéo en tête de cet article). "Il faut appliquer les règles de façon relativement stricte", demande de son côté le Pr Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique. "Plus les mesures de confinement sont fortes, moins il y a de transmission, mieux on contrôle l'épidémie."

"Nous n'avons pas le droit à l'erreur"

"La situation d'aujourd'hui ne me semble pas de nature à vraiment changer les choses, donc cela va continuer à monter", tranche plus sévèrement le Pr Christian Rabaud, infectiologue au CHRU de Nancy, alors qu'aucune attestation n'est désormais nécessaire pour les déplacements à moins de 10 kilomètres de son domicile. "Nous sommes dans un entre-deux, je me demande si ce n'est pas un rendez-vous manqué."

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Certains vont même plus loin. "En Île-de-France, dans les Hauts-de-France et en Provence-Alpes-Côte d'Azur, nous n'avons pas le droit à l'erreur", estime le Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique, dans les colonnes du Journal du dimanche. "On frôle déjà les 100% de saturation en réanimation. Quoi qu'il arrive, on a devant nous deux à trois semaines avant que les mesures prises aient un effet sur les admissions en réanimation. La question est de savoir si, avec la lassitude ambiante, les gens vont comprendre et se saisir de ces consignes."

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