Covid-19 : les premiers effets des restrictions sanitaires déjà visibles ?

Covid-19 : les premiers effets des restrictions sanitaires déjà visibles ?

CORONAVIRUS - Les effets du reconfinement décidé pour endiguer l'épidémie de Covid-19 en France ne devraient se faire sentir que d'ici deux à trois semaines. Mais les responsables sanitaires évoquent déjà un début de ralentissement, tout en restant prudents.

Les effets des couvre-feux avant ceux du reconfinement ? Les indicateurs du Covid-19 ont commencé à donner de premiers signes encourageants, notamment en Ile-de-France. Mais la tension dans les hôpitaux reste critique et il est encore tôt pour espérer des mesures moins strictes. "Le pic de l’épidémie est devant nous et la deuxième vague progresse toujours", a souligné Jérôme Salomon, le Directeur général de la Santé (DGS), lors d’un point presse ce lundi 9 novembre. Les responsables sanitaires se veulent néanmoins optimistes quant à l'évolution de l'épidémie. 

Plus tôt dans la journée, le directeur général de l'AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) Martin Hirsch, avait ainsi évoqué au micro de France Inter "une amorce d'infléchissement", expliquant que "ces trois ou quatre derniers jours, on voit plutôt à peu près 80 entrées par jour (en réanimation)", contre 110 "il y a huit jours" et "plutôt 400 entrées en hospitalisation par jour" (contre 500 il y a une semaine). Dimanche, le ministre de la Santé, Olivier Véran, relatait "une forme de ralentissement" dans la progression de l'épidémie de Covid-19 en France, tout en restant prudent. 

Toute l'info sur

Covid-19 : la France touchée par une deuxième vague d'ampleur

Les dernières infos sur l'épidémie
Il y a toujours un décalage de sept jours entre les contaminations et les admissions en réanimation- Bruno Megarbane, chef de service réanimation à l’hôpital Lariboisière à Paris

Chef de service réanimation à l’hôpital Lariboisière à Paris, le professeur Bruno Megarbane constate lui-aussi un léger recul au niveau des admissions sur le terrain. "Nous avons dix-huit lits de réanimation à Lariboisière et depuis 2-3 jours, nous constatons un ralentissement des demandes d’admission dans notre service. Nous avons un lit disponible", souligne le spécialiste. "Il n’y a pas de baisse mais un plateau, qui est cependant à un niveau très élevé. Nous sommes à 40.000 cas par jour en moyenne quand Emmanuel Macron a fixé l’objectif de 5.000 nouveaux cas par jour pour alléger le confinement", tempère-t-il. 

À l'entendre, il est néanmoins possible que pour les contaminations ont atteint un pic. En revanche, pour les admissions en réanimation, celui-ci est plutôt attendu autour de la mi-novembre. "Il y a toujours un décalage de sept jours entre les contaminations et les admissions en réanimation", explique Bruno Megarbane. "Nous constatons une stabilité voire une amorce de baisse pour les contaminations. Mais si celles-ci se maintiennent à un haut niveau, il faudra prolonger le confinement jusqu’à la mi-décembre", estime-t-il.

Lire aussi

La semaine dernière, Olivier Véran avait envisagé que dans l'hypothèse d'un confinement "bien respecté", le nombre de patients Covid-19 atteindrait un pic d'"environ 6.000" en réanimation, "une pression très forte sur notre système hospitalier", mais qui diminuerait ensuite. Le ministre de la Santé a donné rendez-vous d'ici la fin de la semaine ou au début de la suivante, pour "faire le bilan du confinement" et que le gouvernement puisse au besoin annoncer "des mesures complémentaires".  Le mois dernier, après un léger repli observé fin septembre, l'épidémie était repartie de plus belle. 

Les hôpitaux toujours sous tension

Pour l'heure, la pression sur les hôpitaux s'accroît toujours : ce lundi soir, 31.125 personnes sont hospitalisées suite à une infection au nouveau coronavirus (Covid-10), dont 4690 patients en réanimation - sur une capacité totale et toutes pathologies confondues déjà portée de 5000 à 6400 lits et qui devrait bientôt passer à 7500. Mais cela passe par des fermetures de blocs opératoires et des déprogrammations d'interventions chirurgicales.

Le nombre de morts depuis le début de l'épidémie s'établit désormais à 40.987 décès (pour 1.807.479 cas au total). Cette pression, plus forte dans certaines régions, a contraint les hôpitaux à transférer des malades vers d'autres territoires en France, voire en Allemagne. L'Agence régionale de santé (ARS) d'Auvergne-Rhône-Alpes envisage ainsi 200 nouveaux transferts de patients dans les quinze prochains jours.

Dans le même temps, les laboratoires Pfizer (Etats-Unis) et BioNTech (Allemagne) ont annoncé ce lundi que leur candidat vaccin est "efficace" à 90% pour prévenir les infections à Covid-19, selon l'essai à grande échelle de phase 3 en cours, dernière étape avant une demande d'homologation. Une annonce saluée par le président américain Donald Trump, ainsi que par l'ensemble de la communauté scientifique. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : la France dépasse le seuil des 70.000 morts

Impôts : faites-vous partie des bénéficiaires de l'acompte versé ce vendredi ?

Vaccin Pfizer : les livraisons à l'UE vont être retardées de "trois à quatre semaines"

"Il va falloir encore tenir" : la réponse de Macron à Heidi, l'étudiante à bout qui l'a interpellé

Covid : quelle est la situation en Guadeloupe ?

Lire et commenter