Confinement : pour Patrick Pelloux, le gouvernement doit "adoucir les choses pour que le pays soit apaisé"

Confinement : pour Patrick Pelloux, le gouvernement doit "adoucir les choses pour que le pays soit apaisé"

INTERVIEW - Invité politique jeudi 10 décembre sur LCI, Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France, rend compte de l'évolution des patients, l'inégalité d'accès aux soins et la détresse psychologique inhérente à cette crise.

Si la pandémie de Covid-19 a mis en évidence les inégalités d’accès aux soins, Patrick Pelloux, en tant qu'urgentiste au Samu, a vu "les gens changer" pendant la crise sanitaire d'un point de vue psychologique : "Leurs habitudes ont changé", constate-t-il ce jeudi sur LCI, concernant le profil des patients hospitalisés. "Beaucoup de gens refusent de se faire soigner et de se déplacer. Nous avons revu au Samu de Paris des gens qui avaient fait des infarctus et qui nous appelaient quelques jours après. On n'avait pas vu ça depuis longtemps." 

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Le président de l'Association des médecins urgentistes de France note que "les gens ont très peur" : "Un certain nombre de gens ont abandonné leur traitement et n'y croient plus", poursuit-il. "Plus qu'une désespérance, il y a une morosité géniale. Il faut, et je ne suis pas donneur de leçons, que le Président et le Premier ministre adoucissent les choses pour que le pays soit apaisé, comprenne que ça va être long." 

Ainsi, "il y a des engagements civilisationnels à avoir pour de nouveaux comportements" : "La solitude est en train de faire des dégâts effroyables, les autres maladies continuent pendant le coronavirus, il ne faut pas l'oublier" dit-il. À ce sujet, Patrick Pelloux rend hommage aux "agences régionales de santé, notamment celle d'Île-de-France", salue "l'assistance des hôpitaux de Paris ayant essayé de garder une activité programmée pour soigner tous les malades". De fait, assure-t-il, "il va falloir reconceptualiser un certain nombre de choses, sur l'hygiène, sur les comportements qu'on a au quotidien. Ce virus est là pour longtemps et a conditionné notre civilisation". 

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"Garder le cap" du déconfinement le 15 décembre

Redonner de la confiance aux Français, donc. 55% d'entre eux ne veulent pas se faire vacciner selon un récent sondage Harris. "Il faut faire confiance à la science", insiste Patrick Pelloux. "Si cela a été validé par tout le monde et si, en effet, tous les processus que nous avons en France pour valider le vaccin sont franchis, nous aurons la réponse et il n'y aura pas de raison de remettre en cause le vaccin". Par ailleurs, relève-t-il, "Trump ayant décidé de vacciner le plus possible avant fin décembre, on va avoir grandeur nature les conséquences du vaccin [...] Les réserves sont les mêmes celles que l'on a pour tous les médicaments."

Toujours dans cet adoucissement des mœurs, Patrick Pelloux souhaite un déconfinement le 15 décembre : "Il faut garder le cap" dit-il. "Vous avez des pertes de repères qui sont considérables dans la société, les gens ont peur [...] Il n'y a pas que le coronavirus." Pour résumer cet impact des informations anxiogènes sur les gens, il prend l'image d'"une machine à laver en essorage rapide, et vous ne savez pas quand ça va s'arrêter." 

"A mon humble niveau de médecin, je dis de faire attention face à une société anxieuse". D'autant que "l'épidémie va être encore là pendant longtemps, il y aura probablement une troisième vague... Le confinement n'a pas arrêté l'épidémie, il faut apprendre à vivre avec. Il faut avancer mais garder les habitudes avec les gestes barrières."

Quant au test avant de fêter Noël en famille, déconseillé par Olivier Véran, l'urgentiste considère que "s'il y a un rassemblement familial et que tout le monde se teste, ce sera une sécurité de plus [...] Il ne faut pas empêcher les gens de se faire tester." Il ajoute, pour les personnes âgées en EHPAD, en famille pour Noël, qu"elles seront testées en revenant, peut-être isolées après. Mais leur solitude est épouvantable [...] Faisons attention à ne pas aggraver la mortalité des autres maladies."

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