Le nombre de cas de Covid-19 détectés à Paris est-il faussé ?

Paris fait partie des départements où la circulation de l'épidémie est la plus importante.
Santé

Si la France effectue un suivi statistique précis de l'épidémie de Covid-19, les chiffres pour Paris sont soumis à plusieurs variables qui peuvent en fausser l'analyse. Santé Publique France le reconnaît, et indique travailler à des correctifs.

Afin de suivre l'avancée de l'épidémie et d'ajuster au mieux les mesures de lutte contre la propagation du virus, il est essentiel pour les autorités de disposer de données relatives aux contaminations sur le territoire. Des éléments rassemblés par Santé Publique France et synthétisés dans des points hebdomadaires partagés publiquement. 

Dans le dernier de ces points, publié le 13 août, Paris apparaissait comme un foyer majeur de contamination, les chiffres montrant que la capitale affichait le taux d'incidence le plus élevé de France. Ces résultats, le lendemain, ont fait l'objet d'un article du Parisien. Le quotidien a expliqué dans ses colonnes qu'il fallait les accueillir avec des réserves, étant donné que "deux failles […] biaisent le nombre réel de nouveaux cas à Paris". 

Les yeux tournés vers les aéroports

D'où viennent les problèmes ? Des aéroports parisiens tout d'abord, Orly et Roissy, qui continuent d'accueillir des voyageurs et réalisent des tests pour dépister les cas de Covid. Le Parisien note que "les voyageurs dépistés à l'arrivée sont actuellement imputés au département 75 en l'absence d'adresse connue de ces personnes". Et de préciser que "le biais viendrait notamment du fait qu'un laboratoire basé à Paris aurait enregistré les individus à l'adresse de son siège social lorsque ceux-ci n'avaient pas renseigné leur code postal sur leur fiche".

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Santé Publique France (SPF) reconnaît que ces cas peuvent être une source de confusion puisque attribués à tort à Paris. L'organisme publique indique à LCI qu'après correction pour "retirer l’effet 'aéroports', le taux d’incidence à Paris est toujours supérieur à 50/ 100 000 habitants, qui est le seuil d’alerte". De plus, "ce taux est bien en hausse, même après correction, et il est l’un des plus élevés en France". En clair, SPF juge que la situation épidémiologique dans la capitale demeure préoccupante, même sans prendre en compte ce biais.

Pour éviter d'avoir à présenter dans ses comptes-rendus hebdomadaires des taux d'incidence différenciés (prenant ou non en compte les aéroports), Santé Publique France ajoute qu'un correctif est en cours de mise en œuvre et qu'à partir de "la fin du mois d’août", les dépistages "réalisés dans les aéroports ne seront plus comptabilisés dans les indicateurs Covid-19"

Quid des voyageurs ?

L'autre point soulevé par Le Parisien concerne les voyageurs, nombreux en cette période estivale, qui effectuent des dépistages dans d'autres départements que ceux dans lesquels ils résident habituellement. Si un habitant du 11e arrondissement de Paris a passé son mois de juillet dans un camping savoyard et se fait dépister positif sur son lieu de vacances à la toute fin de son séjour, il sera en effet comptabilisé comme un cas dans son département d'origine (Paris). Et ce, alors même que la contamination aura probablement eu lieu lors de ses congés dans les Alpes. 

De très nombreux franciliens ayant voyagé en France durant l'été, il est donc possible qu'un bon nombre de cas soient attribués à Paris, alors que les foyers de contamination se trouvent ailleurs. Un second biais que tempère Santé Publique France. Certes, son "système d’information ne permet de prendre en compte qu’une seule adresse" et ne permet donc pas d'obtenir d’information "à la fois sur le lieu de contamination et sur le lieu de résidence où cette personne présente le risque de contaminer quelqu’un d’autre à son tour". Pour autant, "le choix a été fait de préférer le lieu de résidence pour gérer au mieux le risque de contamination future". De plus, ajoute SPF, "en dehors de la période estivale, le lieu de contamination et le lieu où la personne contaminée réside (et peut donc potentiellement contaminer quelqu’un d’autre) coïncident souvent".

 

Si les chiffres parisiens relatifs à l'épidémie nécessitent d'être lus avec quelques précautions, on peut toutefois souligner que ceux-ci vont faire l'objet de futurs correctifs de la part de Santé Publique France. Les données présentées, aux yeux de l'institution, ne modifient pas le constat effectué par les épidémiologistes. Ces derniers alertent en effet sur les contaminations en hausse à Paris, département qui fait aujourd'hui l'objet d'une vigilance particulière.  

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