Coqueluche : un nouveau vaccin nasal testé avec succès

Coqueluche : un nouveau vaccin nasal testé avec succès

DirectLCI
MEDECINE - Un vaccin nasal contre la coqueluche dont une seule dose pourrait suffire à protéger les bébés de moins de six mois, a été testé avec succès sur l'homme, selon une étude préliminaire publiée mercredi dans la revue scientifique en ligne Plos One.

Un vaccin simplifié et plus efficace contre la coqueluche. Voilà la piste prometteuse sur laquelle travaillent des chercheurs européens, du programme Child-Innovac piloté par équipe française de l'Inserm. Ce vaccin administrable par voie nasal pourrait protéger les bébés de moins de six mois, et ce avec une unique dose. Des essais cliniques de phase I réalisés chez l’Homme se sont révélés probants, comme le révèle un article parue dans la revue scientifique Plos One.

La coqueluche est une pathologie respiratoire d'origine bactérienne qui se traduit par des quintes de toux violentes. Elle continue à toucher plusieurs dizaines de millions de personnes et d'être à l'origine d'environ 300.000 décès chaque année dans le monde, particulièrement chez les nourrissons trop jeunes pour être immunisés par les vaccins actuels. Sa recrudescence devient même inquiétante depuis 2010 dans certains pays développés comme les Etats-Unis, l’Australie, l’Angleterre, les Pays Bas et la France.

L'administration nasale, une voie inédite

Les vaccins existants nécessitent trois injections au total, généralement effectuées à 2, 3 et 4 mois, pour obtenir une protection optimale à partir de 6 mois. Les chercheurs se sont concentrés sur deux pathogènes respiratoires majeurs : Bordetella pertussis (bactérie déclenchant la coqueluche) et le virus respiratoire syncytial (virus déclenchant les bronchiolites chez les nourrissons). Ces pathogènes atteignent principalement des enfants mal protégés par les vaccins actuellement disponibles.

Leur nouveau vaccin est composé d'une bactérie vivante, génétiquement atténuée. "Le germe de la coqueluche s'attrape par la respiration, le nez. La meilleure protection était donc de privilégier la voie nasale grâce à des gouttes. On a repris ce germe que l'on a rendu innofensif. Cela permet de mimer l'infection naturelle sans pour autant tomber malade", explique à metronews Camille Locht, directeur du Centre d’Infection et d’Immunité de Lille et coordinateur de l'étude à l'Inserm.

Une dose et pas d'effets secondaires

Lors de l'essai clinique de phase I, 48 adultes ont été répartis en 4 groupes, l'un recevant un placebo et les trois autres différentes doses du vaccin. Après six mois de suivi, les résultats ont montré qu'une seule administration nasale suffisait à induire une réponse immunitaire. De plus, le vaccin ne présenterait aucun effet secondaire. "On s'est également rendu compte qu'il pouvait être efficace contre la bronchiolite du nourrisson et l'asthme allergiques, ce à quoi on ne s'attendait pas", ajoute Camille Locht.

La prochaine étape consistera à administrer des volumes plus élevés pour tenter d’augmenter le taux de prise du vaccin au niveau de la muqueuse nasale. L'ambition des chercheurs est aussi d’améliorer sa stabilité. Pour Camille Locht, "c'est très important car il devra au final être testé sur des nouveaux-nés". De fait, il faudra attendre une dizaine d'années avant de voir l’objectif d’un développement industriel se réaliser. Les chercheurs de Child-Innovac ont d'ors et déjà conclu un accord avec un partenaire, le laboratoire ILiAD Biotechnologies pour le développer.
 

Plus d'articles