Coronavirus : ce que l'on sait sur le test clinique d'injections de plasma en France

Coronavirus : ce que l'on sait sur le test clinique d'injections de plasma en France
Santé

ESPOIR - L'APHP, en partenariat avec l'Inserm et l'Etablissement français du sang, va débuter un essai clinique pour vérifier si l'injection de plasma des personnes guéries du Covid-19 pourrait aider les malades à lutter contre le virus. Le Dr. Karine Lacombe, qui chapeautera l'étude, explique la technique à LCI. 100 donneurs sont recherchés.

C’est peut-être un espoir dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19. Un essai clinique, qui débutera lundi 6 avril, tentera de prouver - ou non - les effets bénéfiques de l'apport de plasma de patients guéris du coronavirus chez des malades luttant actuellement contre la maladie.  Une approche thérapeutique actuellement étudiée aux Etats-Unis, notamment dans l'Etat de New York où plusieurs anciens malades ont déjà donné leur plasma. En France, cette étude sera menée conjointement par l'APHP, l'Etablissement français du sang (EFS) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). 

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Le Dr. Karine Lacombe, chef du Service des maladies infectieuses et tropicales de l'hôpital Saint-Antoine de Paris et l'investigateur principal de l'essai clinique, explique les différentes étapes à LCI. 

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LCI : Pourquoi s'intéresser au plasma des personnes guéries ? 

Dr. Karine Lacombe : Le plasma des personnes qui ont guéri du Covid-19 contient des anticorps que leur organisme a développés. Ces derniers pourraient aider les patients en phase aiguë de la maladie à lutter contre le virus. On appelle cela un traitement sérothérapique. 

LCI : Comment va se dérouler cet essai ?

Dr. Karine Lacombe : Les patients guéris du Covid-19 seront invités à donner leur plasma via le réseau des centre de don de l'EFS. Pour l'instant, les prélèvements auront lieu dans trois régions très touchées par l’épidémie : l’Ile-de-France, le Grand-Est et la Bourgogne-Franche-Comté. Seuls les personnes majeures et âgées de moins de 65 ans pourront donner. Elles devront être guéries depuis au moins 14 jours, d'une part pour ne pas affaiblir un patient seulement rétabli et, d'autre part, pour laisser du temps aux anticorps de se développer dans le sang, un phénomène qui se poursuit même après la guérison. Nous avons besoin de 50 à 100 donneurs. 

LCI : Comment sera prélever le plasma ?

Dr. Karine Lacombe : Comme habituellement pour les dons de plasma, la technique de prélèvement utilisée sera la plasmaphérèse. Le sang passe alors dans une centrifugeuse qui conserve le plasma et retourne au donneur les autres composants du sang : globules rouges, globules blancs et plaquettes. Environ 600 millilitres de plasma seront ainsi prélevés. Il passera ensuite une phase de vérification par les laboratoires de l'EFS pour s'assurer qu'il ne contient aucune trace du Covid-19 ou autres agents. Cette étape de vérification du plasma est systématiquement appliquée par l'EFS pour tous les dons habituels de plasma mais elle est ici renforcée. 

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LCI : Qui bénéficiera des dons de plasma ? 

Dr. Karine Lacombe : Soixante patients seront inclus dans l'essai clinique qui se déroulera pour l'instant dans différents établissements de l'APHP. Seule la moitié bénéficiera de l'apport en plasma afin de réaliser une véritable étude comparative. Ils recevront chacun deux fois 200 millilitres, à 48 heures d’intervalle, du plasma dit plasma-convalescent. 

LCI : Quand seront connus les premiers résultats ?

Dr. Karine Lacombe : La première évaluation pourra être rendue dans deux à trois semaines après le début de l'essai clinique. Deux points seront contrôlés chez les bénéficiaires : l'efficacité du traitement en constatant l'évolution des signes cliniques et l'apparition de possibles effets secondaires délétères. En fonction de nos conclusions, l'essai clinique pourra être élargi à un nouveau groupe de patients. 

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