Coronavirus chez les enfants : finalement, les rhumes et bronchites ne les protègent pas contre le Covid-19

Coronavirus chez les enfants : finalement, les rhumes et bronchites ne les protègent pas contre le Covid-19
Santé

RECHERCHE SCIENTIFIQUE – Un temps envisagée, l’hypothèse selon laquelle les coronavirus saisonniers provoquant de banals rhumes protégerait les enfants du Covid-19 n’est pas avérée, selon une étude menée par l’institut Pasteur.

Les fréquentes infections par des coronavirus saisonniers, responsables chaque hiver de rhumes et de bronchites dès la petite enfance, ne protègent ni de l'infection par le nouveau coronavirus, ni des formes graves liées au Covid-19 apparentées à la maladie de Kawasaki, selon une étude coordonnée par l'hôpital Necker (AP-HP, Paris) et l'Institut Pasteur. Mise en ligne sur le site de pré-publication Medrxiv, elle confirme la grande fréquence et le taux important d'anticorps contre les coronavirus saisonniers dans la population générale, ce qui n'empêche pourtant pas les infections par ces virus chaque hiver.

"L'infection par les coronavirus saisonniers n'offre pas une protection significative contre l'infection par le virus SARS-CoV-2 et les autres maladies associées comme le syndrome apparenté à la maladie de Kawasaki", relève Marc Eloit, responsable du laboratoire de découverte de pathogènes à l'Institut Pasteur, dans un communiqué. "Si le virus de la Covid-19 se comporte comme les coronavirus saisonniers, cette observation interroge sur la capacité de la population à atteindre un niveau d'immunité suffisant pour empêcher la réapparition régulière de la maladie" en déduit le chercheur, co-auteur de l'étude.

Une hypothèse évoquée dès le début de l’épidémie

Cette hypothèse avait pourtant été évoquée à plusieurs reprises ces derniers mois. Alors que les enfants semblent moins touchés par le Covid-19, l’une des explications possibles était l’immunité croisée. "Dans les écoles, les enfants sont exposés à de très nombreuses maladies et aux virus", expliquait début mars à LCI Éric Leroy, membre de l’Académie nationale de médecine. "Pourquoi ne pas envisager qu’ils aient contracté de multiples autres coronavirus, non pathogènes (qui ne rendent pas malade), mais qui seraient suffisants pour leur faire acquérir une certaine immunité vis-à-vis de ce coronavirus ? Cela peut être une hypothèse." Une piste également évoquée le mois dernier par le Pr Robert Cohen, vice-président de la Société française de pédiatrie, pour expliquer les raisons des faibles contaminations du coronavirus chez les enfants.

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Dans l’étude, des anticorps contre les quatre coronavirus saisonniers (NL63, HKU1, 229E, OC43) ont été retrouvés chez 67 à 100% des enfants en fonction des virus. Le niveau de ces anticorps était comparable entre les enfants présentant un test de sérologie positif pour le SARS-CoV-2 et ceux qui étaient séronégatifs, qu'il s'agisse des malades avec syndrome apparenté à la maladie de Kawasaki ou de ceux qui ont fait une forme pas ou peu symptomatique de Covid-19, montre l'étude.

Des formes peu symptomatiques dans la majorité des cas

Des anticorps neutralisants le virus SARS-CoV-2 étaient présents chez 56% des enfants positifs, avec une fréquence relative augmentant avec le temps (jusqu'à 100% en fin d'étude, à 2 mois du pic de l'épidémie). Plus de la moitié (69,4%) de ces enfants n'avaient jamais eu de symptômes évocateurs d'infection.

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Les enfants font des formes de Covid-19 peu symptomatiques qui passent souvent inaperçues. Les atteintes sévères apparentées à la maladie de Kawasaki sont très rares. L'étude Ped-Covid s'est déroulée du 1er mars au 1er juin dans sept hôpitaux parisiens et de la proche couronne, auprès de 775 enfants (de 0 à 18 ans), dont 36 présentaient un syndrome inflammatoire lié au Covid-19 et apparenté à la maladie de Kawasaki.

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