Cinquième vague de Covid-19 en Europe : pourquoi la France semble-t-elle épargnée ?

Pr Antoine Flahault : "La France est dans une bien meilleure situation pour aborder cet hiver"

CRISE SANITAIRE - L'OMS a mis en garde, ce jeudi, face à une nouvelle vague de Covid-19 en Europe, qui pourrait causer la mort d'au moins 500.000 personnes d'ici février. Mais si le nombre de cas explose dans certains pays, la France semble encore épargnée. Pourquoi ?

Plus d'un an et demi après le début de la pandémie, les mises en garde de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sont presque devenues monnaie courante. Mais à l'aube du début de l'hiver et près d'un an après l'arrivée du vaccin, celle-ci semble alarmante. Ce jeudi 4 novembre, le directeur de l'OMS Europe a assuré que le continent était à nouveau "l'épicentre" de l'épidémie, déplorant un "rythme actuel de transmission très préoccupant". Pire encore : selon les prédictions de l'organisation, jusqu'à 500.000 Européens pourraient mourir du Covid-19 d'ici février prochain.

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En cause, la redoutée cinquième vague. "Il y a une vague extrêmement sévère qui déferle sur l'Europe centrale et de l'est", explique sur LCI le Pr Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l'Institut de santé globale de Genève (voir vidéo en tête de cet article). La Russie enregistre chaque jour plus de 1000 décès en moyenne, tandis que le nombre de cas quotidiens dépasse les 40.000 au Royaume-uni, les 30.000 en Allemagne ou encore les 20.000 en Ukraine.

En France en revanche, "le rebond est assez modéré", poursuit l'épidémiologiste, avec à peine plus de 5000 cas par jour. "La France est dans une bien meilleure situation pour aborder cet hiver, comme l'Espagne, le Portugal ou l'Italie. Mais personne ne doit se sentir à l'abri, car il ne serait pas surprenant que cette vague se diffuse sur l'Europe de l'Ouest."

En Europe de l'Est, une vaccination qui patine

Toutefois, la France bénéficie d'une couverture vaccinale supérieure à beaucoup de ses voisins. "Certains pays ont une faible couverture vaccinale, insuffisante pour prévenir une surcharge hospitalière", prévient le Pr Antoine Flahault. Car c'est bien là que le bât blesse. Ainsi, selon les données disponibles sur Our world in data, seuls 18% des Roumains sont entièrement vaccinés. En Russie, ce taux ne monte qu'à 33%.

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Même l'Allemagne dispose d'une couverture vaccinale plus faible que la France, avec 66% de cycles terminés. Dans le même temps, selon les données du ministère de la Santé, près de trois Français sur quatre (74,4%) ont terminé leur schéma vaccinal.

Dès lors, "la violence de la vague sera probablement nettement moindre que pour les précédentes", juge sur LCI le Pr Jean-François Timsit, chef du service de réanimation de l'hôpital Bichat. Du côté du gouvernement, la prudence reste de mise. Mais pas l'inquiétude. Selon nos informations, Olivier Véran n'est pas très inquiet à propos de la cinquième vague, dans laquelle nous ne sommes pas entrés, d'après le ministre de la Santé.

L'immunité vaccinale en baisse, la porte ouverte à une cinquième vague ?

Le nombre de cas pourrait tout de même augmenter dans les prochaines semaines dans le pays. "En étant vacciné à 75%, et en portant le masque raisonnablement en intérieur, le virus augmente, donc cela ne suffit pas pour contrôler l'épidémie", nuance le Pr Timsit. "D'autant que les données israéliennes nous montrent qu'à partir de quatre mois après la deuxième dose, chaque mois passé, on divise par 1,7 notre taux de protection." Selon lui, pour que la France ne se retrouve pas dans la même situation que plusieurs de ses voisins, il faut "intensifier notre protection immunitaire", notamment grâce à la troisième dose.

La campagne de rappel a déjà démarré en France. À ce jour, plus de trois millions des plus de 65 ans en ont profité, soit un peu moins de la moitié de la population éligible. "Dans tous les pays où il y a beaucoup de vaccination, il y a pratiquement dix fois moins de décès que dans les vagues précédentes", insiste le Pr Flahault. 

Mais la troisième dose ne devrait pas être généralisée dans l'immédiat. Selon nos informations, le manque de données autour du rappel vaccinal pour la population moins vulnérable ne pousse pas le ministère de la Santé, pour l'heure, à élargir la campagne de rappel.

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