Coronavirus : 3 questions sur le déstockage de masques annoncé par le gouvernement

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Coronavirus : la pandémie qui inquiète la planète

SANTE - Dans l'Hexagone, en pleine épidémie de Covid-19, les masques sont devenus une denrée rare. Face aux demandes des médecins, le gouvernement annonce le déstockage de 15 millions d'unités. Décryptage.

Mardi, Olivier Véran, ministre de la Santé, a annoncé que "dix millions de masques ont été déstockés, sont partis dans des camions aux quatre coins du pays et sont repartis dans toutes les pharmacies d'officine". Ils s'ajoutent ainsi à "cinq millions de masques chirurgicaux" déjà distribués "dans les agences régionales de santé et auprès des établissements de santé et des Ehpad pour les personnes âgées". Passage en revue des questions qui se posent à ce sujet.

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D'où viennent ces masques ?

Des locaux du ministère de la Santé, puisque ces masques chirurgicaux font partie du stock dit "stratégique" du gouvernement. Lequel en avait commandé quelque 550 millions d'exemplaires au lendemain de la crise de la grippe A, il y a une dizaine d'années. Une partie inutilisée de ce stock avait toutefois dû être détruite au bout des cinq années correspondant à leur date limite d'utilisation. La plupart d'entre eux était de fabrication française, mais beaucoup des entreprises hexagonales travaillent avec la Chine, autre principal pourvoyeur.

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Qui peut les récupérer ?

Chaque pharmacien d’officine du territoire national, qui va recevoir durant cette première semaine de mars 2020, via son grossiste-répartiteur, un minimum de 10 boîtes de 50 masques, soit 500 masques issus du stock national. Le titulaire de l’officine les distinguera ensuite de son stock habituel en apposant sur la boîte une étiquette "stock Etat". Puis chaque professionnel de santé, médecin généraliste, médecin spécialiste, infirmier diplômé d’Etat, sage-femme, masseur kinésithérapeute et chirurgien-dentiste, sera invité par un message à se présenter à son officine de proximité afin de retirer une boîte de 50 masques chirurgicaux de ce stock spécifique. Il devra, pour ce faire, présenter sa carte professionnelle sur laquelle figure son numéro RPPS. Ainsi qu''un bon unique CNAM", a précisé le ministre de la Santé.

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Pourquoi un tel retard ?

Parce que la production ne suit pas le rythme effréné de la demande, ce qui crée une pénurie. "Les stocks mondiaux d'équipements de protection sont déjà insuffisants pour répondre aux besoins actuels de l'OMS et de ses partenaires, et les pays qui demandent du nouveau matériel sont confrontés à une attente de quatre à six mois", explique à l'AFP, Fadela Chaib, porte-parole de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Pour ajouter aux difficultés, la Chine, épicentre de l'épidémie, est elle-même le principal producteur de masques au monde, à hauteur d'environ 50%. Et "l'épidémie a perturbé leurs systèmes de production et d'approvisionnement", précise Fadela Chaib. 

En conséquence de quoi, une réunion s'est tenue la semaine dernière au ministère de la Santé avec cinq industriels, trois Français, un Canadien et un Américain, afin d'évaluer leur capacité de réponse à la commande de Santé Publique France. Soit une commande de 200 millions de masques, qui fera bientôt l'objet d'un appel d'offres, selon Les Echos

Olivier Véran a cependant précisé, ce mardi, qu'"entre 15 et 20 millions de masques supplémentaires (toujours issus du stock Etat) arriveront dans les pharmacies d'officine à mesure que les besoins se feront sentir" dans les prochains jours.

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