Signe que l'épidémie décline, les "brigades sanitaires" moins sollicitées que prévu

Signe que l'épidémie décline, les "brigades sanitaires" moins sollicitées que prévu
Santé

TÉMOIGNAGES – Pour identifier et joindre les cas contacts des malades du Covid-19, les "brigades sanitaires" de l’Assurance Maladie sont à pied d’œuvre. Et sur le terrain, la situation semble meilleure qu’attendu. Exemple dans le Val d'Oise, pourtant classé en orange comme l'ensemble de l'Ile-de-France.

C'était la condition indispensable à la phase 2 du déconfinement à partir du 2 juin : la circulation du virus a ralenti dans l’ensemble du pays. Entre le 13 et le 25 mai, selon l'Assurance maladie, environ 8.000 patients ont été déclarés positifs au Covid-19, soit un peu moins de 700 cas par jour. En moyenne, chaque patient testé positif a déclaré aux brigades sanitaires 3 cas contacts, largement en-dessous des prévisions des autorités qui tablaient sur 6 à 10 cas par malade. A LCI, l’Assurance Maladie se satisfait des ces "indicateurs plutôt favorables même s’il faut rester très prudent pour la suite". 

Illustration avec la brigade sanitaire du Val d’Oise, département pourtant classé en orange comme l'ensemble de l'Ile-de-France. Depuis 2 semaines, la "brigade" d'Halima Kerbouz, agente à l’Assurance Maladie, s’emploie à identifier et joindre chaque personne dépistée positive au Covid-19 pour retracer avec elle ses contacts avec le monde extérieur. Ici, le ratio est même en dessous de la moyenne nationale, avec deux cas contact par patient. Force est de constater que "la charge de travail est bien moins importante que prévu" et les effectifs ont donc été réduits.

2 cas contacts par patient au lieu d'une dizaine

Bonne surprise donc, surtout dans un département où "le virus circule plus qu’ailleurs" selon les mots d’Edouard Philippe, et où la vigilance s’impose. "Il ne faut pas oublier que l’on sort du confinement", prévient Halima, "les gens n’ont pas forcément été en contact avec d’autres personnes s’ils ont joué le jeu."  Pour le moment du moins. Quels effets vont avoir le déconfinement sur la progression du virus ? A cela, la manager ne peut répondre. Mais en cas d’aggravation de la situation, une réserve d’agents "prêts à revenir" est constituée, assure-t-elle. Dans le Val d’Oise, 270 employés de l’Assurance Maladie se sont portés volontaires pour participer au dispositif.  Halima, elle, supervise les agents du Val d’Oise, qui sont seulement vingt chaque jour pour traiter une trentaine de "patients zéros". "Depuis le démarrage le 13 mai, on a appelé 335 fiches patients", relève la manager.

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Comment fonctionnent les brigades sanitaires ?

Léa Rouillard, à l’Assurance Maladie depuis quatre ans, fait partie de ces "brigadiers". Chaque jour, son travail consiste à appeler les "cas recensés au coronavirus", relever les personnes qu’ils auraient pu éventuellement contaminer puis joindre ces fameux cas contacts pour les "avertir de la situation, les inviter à respecter les gestes barrières et à se faire dépister". La jeune femme considère sa mission comme un "travail d’accompagnement" et voit d’un mauvais œil le terme de "brigade" que l’on lui accole sans cesse. De même qu’Halima, qui souhaite rétablir les choses : "On ne mène pas d’enquête, on ne flique pas les gens, on ne les oblige à rien. On leur dit plutôt quels sont les gestes à suivre, comment se protéger, qu’il faut bien en parler autour de soi…" 

"L'Assurance Maladie manipule des données sensibles depuis toujours"

Pour la manager, la motivation est de rigueur à l’Assurance Maladie en ces temps de pandémie : "Si l’on peut casser cette chaîne de transmission, éviter que l’on reparte vers un confinement, on se retrousse les manches et on y va." Un travail qui suppose d’être réactif (le patient zéro doit être contacté dans les quatre heures) et minutieux en raison de la manipulation des données personnelles. 

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En attendant, toutes deux semblent d’accord pour appuyer la bonne volonté de leurs interlocuteurs, au-delà de leurs espérances. Selon Léa, dans la moitié des cas, l’entourage est déjà prévenu par les malades eux-mêmes, ce qui facilite considérablement le travail. "On n’imaginait pas que les gens allaient adhérer au dispositif", confie Halima. "Bien sûr, ça nous est arrivé d’avoir quelqu’un qui nous dit 'je ne vous donnerai pas d’informations et je n’irai pas me faire tester'. Dans ce cas-là, on passe la main à notre service médical pour qu’il s’entretienne avec un médecin. Mais c’est très rare, la plupart des gens nous disent 'merci beaucoup de m’avoir alerté, je vais emmener mes enfants se faire dépister'."

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