Coronavirus : les enseignants devront-ils quand même être présents dans les écoles fermées ?

Coronavirus : les enseignants devront-ils quand même être présents dans les écoles fermées ?
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PRÉSENCE OBLIGATOIRE ? - Après la décision de fermer tous les établissements scolaires à compter du lundi 16 mars, pour deux semaines minimum, les rectorats s’organisent pour gérer au mieux l’enseignement à distance. Les écoles seront simplement fermées aux élèves, n’a cessé de répéter l’exécutif ce vendredi. Cela signifie-t-il que les enseignants devront se rendre sur leur lieu de travail ?

C’est un travail de logistique considérable que doit fournir l’ensemble du corps enseignant, et ce avant lundi 16 mars. Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé la fermeture de tous les établissements scolaires à compter de cette date, les rectorats doivent mettre en place l’accompagnement pédagogique permettant aux élèves de suivre leurs cours de la manière la plus normale possible.

Fermeture des écoles, oui, mais ce ne sont pas des vacances, martèle-t-on au ministère de l’Education nationale ainsi que dans plusieurs rectorats. Ce qui signifie que les écoles n'accueillent plus d'élèves mais toujours le personnel éducatif. Alors, les enseignants doivent-ils faire acte de présence ?

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Une obligation à la charge des établissements

Contacté par LCI, le cabinet de Jean-Michel Blanquer explique qu’une telle mesure "dépend de chaque établissement et de ce qui lui est indiqué". Ainsi, "certains professeurs seront là pour la mise en place des classes virtuelles" (module de la plateforme "ma classe à la maison", ndlr). Selon le ministère, la présence obligatoire ou non des enseignants est conditionnée à l'équipement dont bénéficient les écoles. Le niveau secondaire, les collègues et lycées, serait aujourd’hui mieux équipé numériquement que le primaire. 

Or, des consignes ont été passées ce vendredi à l’ensemble des enseignants de Paris, selon une note que nous avons pu consulter. Celle-ci indique que "les personnels viennent travailler aux horaires habituels", sauf s’ils "en sont empêchés pour cause de garde d’enfants". 

C’est ce que nous confirme Yolande*, une institutrice du sud de Paris : "Je suis obligée de venir pointer bêtement, sous prétexte que je n’ai pas d’enfants. On nous réserve un traitement différent, on nous soumet au risque du virus puisque l’on va prendre les transports en commun et sans raison objective." Pareil pour les animateurs, qui doivent se rendre sur leur lieu de travail entre 11h30 et 13h30, temps habituel de la cantine : "Je ne sais pas ce qu’ils vont faire", se demande l’institutrice, qui assure ne pas comprendre "cette décision qui n’est pas appliquée par tous". 

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En effet, l’ordre n’est pas donné à tous les enseignants, selon la circonscription dans laquelle ils se trouvent. Les collègues de Yolande à Issy-les-Moulineaux n’ont pas reçu de telle injonction, nous assure-t-elle. Pareil dans la circonscription d’Arcueil, à Gentilly, nous raconte Lhéyée, institutrice en formation. Dans son école, l’absence de présentéisme provoque plutôt le flou : "Mes collègues disent qu’il faut venir à l’école tous les jours, d’autres disent que non…"

Marie*, elle, est professeure d’anglais dans un collègue d’Ellancourt. Tous les cours sont maintenus aux horaires prévus mais aucune obligation n’est donnée non plus au corps enseignant : "Professeurs comme élèves, on est tous équipés de tablettes qui contiennent les manuels scolaires. Le proviseur estime qu’il n’y a pas de nécessité d’être sur place si l’on a notre matériel." 

Jean-Michel Blanquer doit tenir un point samedi 14 mars pour préciser les conditions de l’enseignement à distance. La fermeture des établissements doit durer deux semaines au minimum. Au sein de l’Académie de Versailles, il se murmure qu’elle pourrait être prolongée jusqu’aux vacances de Printemps. 

*(le prénom a été modifié, ndlr)

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