Coronavirus : la France a-t-elle désormais atteint le "plateau épidémique" ?

Coronavirus : la France a-t-elle désormais atteint le "plateau épidémique" ?
Santé

CRISE SANITAIRE - Après plus de trois semaines de confinement, la France observe enfin un "pâle rayon de soleil" selon les mots du directeur général de la Santé : depuis jeudi, le nombre de patients admis en réanimation est en baisse. Le pays a-t-il pour autant atteint la phase du plateau épidémique ?

La pandémie de coronavirus va-t-elle enfin décliner ? Ce samedi, si le directeur général de la Santé Jérôme Salomon a annoncé que la France avait passé le cap des 13.800 morts dans les hôpitaux et les Ehpad, il a également indiqué que le nombre de patients admis en réanimation était en baisse, et ce pour le troisième jour consécutif. Depuis jeudi, 265 lits ont été libérés.

Ces chiffres signifient-ils que le plateau épidémique, cette phase où le nombre de personnes contaminées stagne avant de diminuer, est atteint ? "C'est un peu tôt pour le dire", tempère Catherine Hill, épidémiologiste à l'institut Gustave-Roussy de Villejuif. "Mais tous les indicateurs ont cessé d'augmenter d'un jour à l'autre, ils sont désormais constants." 

Dès vendredi Jérôme Salomon qualifiait cette "très légère diminution" du nombre de personnes en réanimation de "pâle rayon de soleil" soulignant que "cette timide éclaircie est très importante pour l'ensemble des soignants". Le professeur y voit l'amorce d'un "très haut plateau". Mais si les hospitalisations diminuent, l'épidémie est "toujours très dynamique et très hétérogène selon les régions", avait-il prévenu, appelant de nouveau ce samedi à "rester vigilant".

Une baisse du nombre de cas, mais toujours une hausse des décès

Le nombre de décès, lui, est d'ailleurs toujours très important. Après trois jours de baisse consécutifs depuis mardi, il est reparti à la hausse en fin de semaine. Vendredi, le directeur général de la Santé a déploré 554 morts, la quatrième journée la plus meurtrière depuis le début de l'épidémie. La diminution des entrées en réanimation laisse toutefois présager une baisse du nombre de décès d'ici quelques jours, puisque la courbe des hospitalisations permet de prédire la tendance future des décès.

Cette bonne nouvelle n'est toutefois pas le signe de la fin du confinement, prolongé au-delà du 15 avril par le gouvernement, ce que devrait préciser Emmanuel Macron dans son allocution, lundi. "Il y a un décalage entre le moment où les mesures sont prises et celui où nous pouvons les quantifier", analyse sur LCI Jean-Stéphane Dhersin, mathématicien et spécialiste des épidémies au CNRS. La baisse du nombre de décès est donc bien liée aux mesures en vigueur depuis la mi-mars. "Depuis quelques jours, nous sentons le début de l'effet du confinement." Mais un relâchement des mesures pourrait à nouveau provoquer une croissance du nombre d'hospitalisations, au-dessus des capacités de soins du pays.

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La France n'est pas le premier pays européen à observer un fléchissement du nombre de cas en soins intensifs. L'Italie et l'Espagne, en "avance" sur la pandémie, ont constaté les mêmes effets ces derniers jours. Dans le pays transalpin, le nombre de personnes admises en réanimation entame sa décrue. Alors que plus de 4.000 personnes étaient hospitalisées en réanimation le 3 avril, un record, ce chiffre diminue sans discontinuer depuis, et est descendu sous les 3.500 vendredi. La courbe des décès suit une trajectoire similaire : elle baisse globalement depuis le début du mois. Malgré ces résultats encourageants, l'Italie reste soumise à des mesures très contraignantes. Lors d'une allocution solennelle prononcée ce vendredi, le Premier ministre Giuseppe Conte a annoncé la prolongation du confinement jusqu'au dimanche 3 mai.

De l'autre côté des Pyrénées, le nombre de nouveaux cas confirmés poursuit également son ralentissement. Le plateau épidémique semble se préciser, puisque ce samedi, le nombre de décès a diminué pour le troisième jour consécutif, après deux journées de hausse. Mieux, avec 510 morts ce samedi, l'Espagne enregistre son plus bas niveau de décès depuis le 23 mars. Le pays reste toutefois contraint à un confinement strict, malgré la réouverture ce lundi des entreprises.

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