Coronavirus : la gestion hasardeuse de Donald Trump

Coronavirus : la gestion hasardeuse de Donald Trump

ETATS UNIS - Le président des Etats-Unis sème la confusion sur le coronavirus depuis plusieurs semaines, multipliant les couacs et les erreurs.

Contre-vérités, approximations et contradictions : depuis le début de la crise provoquée par la propagation du nouveau coronavirus, Donald Trump accumule les erreurs politiques. Le président américain s’est en effet pris les pieds dans le tapis à plusieurs reprises, obligeant son équipe à assurer le service après-vente.

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Des erreurs dans son allocution

Lors d'une allocution décousue de dix minutes prononcées mercredi, le dirigeant a annoncé plusieurs mesures pour soutenir l’économie de son pays. Mais aussi la suspension de tous les voyages depuis l'Europe - à l'exception du Royaume-Uni - vers les Etats-Unis pour 30 jours. Problème : il a aussi laissé entendre - par erreur - que ces restrictions pourraient s'appliquer également aux produits venant d'Europe et pas seulement aux voyageurs. Il a fallu attendre la proclamation officielle de la Maison Blanche, quelques heures plus tard, pour savoir que ce n’était pas le cas.

Outre les erreurs factuelles, le timing de ces annonces a été taclé par ses adversaires démocrates, mais aussi par la communauté scientifique. Et même de son propre camp. Thomas Bossert, son ancien conseiller à la sécurité intérieure, n'a pas caché ses réserves. "Dans deux semaines, nous regretterons d'avoir perdu du temps et de l'énergie sur ses restrictions de voyage", a-t-il tweeté, estimant qu'il aurait été infiniment préférable de se concentrer sur la "préparation des hôpitaux" et des communautés particulièrement touchées.

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Des mots qui fâchent

Il y a quelques jours, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait provoqué une polémique, et l'ire de Pékin, en parlant de "virus de Wuhan". Rebelote ce mercredi avec Donald Trump, lequel s’en est pris à un "virus étranger". "Construction en cours. Nous avons plus que jamais besoin d'un mur !" tweetait-il le 10 mars en réponse à un autre tweet mettant en garde contre la propagation du "virus de Chine".

Le président contredit par les scientifiques

Quelques heures avant l'allocution présidentielle, Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des maladies infectieuses et figure emblématique de la recherche aux Etats-Unis, a, devant le Congrès, fait une série de mises au point. Ses réponses "basées sur la science", a-t-il insisté, ont sonné comme autant de rectifications aux approximations présidentielles sur le virus qui fait trembler la planète.

Interrogé en particulier sur les affirmations du tempétueux locataire de la Maison Blanche selon lesquelles l'arrivée du printemps signerait probablement la fin du virus, il a remis les choses calmement en perspective. "Nous ne savons pas ce que ce virus va faire", a-t-il martelé. "Nous espérerons qu'avec un temps plus chaud, il ira en diminuant. Mais nous ne pouvons travailler sur la base de cette hypothèse. Nous, nous devons de prendre comme hypothèse de travail que cela va devenir de pire en pire".

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Ses capacités remise en cause par le Wall Street Journal

Dans un éditorial intitulé "Virus et leadership", le Wall Street Journal, peu suspect d'anti-trumpisme primaire, s'inquiétait de l'incapacité du milliardaire républicain à relever le défi de cette crise sanitaire mondiale. "Lorsque le président Trump identifie une menace, son instinct est de la nier, de s'arc-bouter et de riposter. Cela souvent été efficace politiquement, mais dans le cas du nouveau coronavirus, cela a nui à sa capacité à diriger".

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