Les bourses mondiales dévissent après la réponse américaine à la pandémie, chute historique du Cac 40

Les bourses mondiales dévissent après la réponse américaine à la pandémie, chute historique du Cac 40

DANS LE ROUGE - Les marchés sont touchés de plein fouet par la pandémie de coronavirus. Paris a connu la plus forte chute de son histoire, et le Dax, à Francfort, sa pire séance depuis 1989. Même soupe à la grimace à New-York où le Dow Jones a plongé de 10%. En cause notamment, la réponse de Donald Trump aux voyageurs européens.

La descente aux enfers semble inexorable pour les bourses mondiales : alors que les marchés sont plus que jamais paniqués par la pandémie de coronavirus, voilà que les mesures annoncées ce jeudi par la Banque centrale européenne ont pris de cours les analystes ; sa présidente, Christine Lagarde ayant décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés, alors que ses homologues américaine et britannique ont toutes deux opté quelques jours plus tôt pour des baisses. Le principal taux était déjà bloqué à zéro depuis mars 2016 et les deux autres ont été maintenus à l'identique, un statu quo qui a accéléré la baisse des marchés actions.

L'institution a toutefois lancé jeudi un programme de prêts pour soutenir les PME les plus touchées par l'épidémie de coronavirus, et compte acheter 120 milliards d'euros de dette publique et privée supplémentaire d'ici la fin de l'année. Pas de quoi pour autant rassurer les investisseurs. Mais la mesure qui a suscité le plus de réactions et a précipité la chute des marchés est sans nul doute la décision, mercredi 11 mars, de Donald Trump d'interdire durant 30 jours aux voyageurs en provenance d'Europe d'entrer sur le sol américain. 

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Panique à Wall Street

Une annonce qui a suscité la panique à New York, à tel point que les échanges ont dû être suspendus pendant quinze minutes après l'ouverture à Wall Street. Le Dow Jones n'en a pas moins plongé à la reprise de l'activité, s'enfonçant toujours plus 

dans le rouge jusqu'à la clôture, chutant de 9,99%.  L'indice vedette de Wall Street n'avait plus connu pareille dégringolade 

depuis le "lundi noir" du 19 octobre 1987. Même scénario à Sao Paulo : la Bourse s'est enfoncée à l'ouverture de plus de 11%, avant que les échanges ne soient suspendus pour la troisième fois de la semaine.

 Pas mieux sur le Vieux Continent. A Paris, le CAC 40 a connu la plus forte chute de son histoire, clôturant à -12,28% ; Même chose pour la Bourse de Francfort qui a vécu sa pire séance depuis 1989, plongeant de 12,24%. Tandis que la Bourse de Londres a terminé sur un plongeon de près de 10%, sa pire séance depuis octobre 1987. Quant à la Bourse de Milan, elle a perdu 16,92% à la clôture, enregistrant là-aussi sa pire séance depuis la création de l'indice vedette FTSE Mib en 1998 selon les agences italiennes.

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"Vendez, vendez, vendez", entend-on en Asie

Un peu plus tôt dans la journée, les places asiatiques ont toutes clôturé dans le rouge : "Vendez, vendez, vendez" a commenté l'analyste d'AxiCorp Stephen Innes pour résumer l'état d'esprit dans les salles de marché en Asie, notamment après l'annonce de Donald Trump. Car "des restrictions de voyages veulent dire encore moins d'activité économique mondiale", a-t-il résumé.

A la Bourse de Tokyo, qui avait déjà très mal démarré la séance dans la foulée d'une nouvelle dégringolade de Wall Street la veille, l'indice vedette Nikkei a clôturé jeudi sur une chute de 4,41% à à 18.559,63 points. Tandis qu'à la Bourse de Hong Kong, l'indice Hang Seng était aussi en forte baisse jeudi après-midi (-3,67%), tout comme les places de Chine continentale 

(Shanghai -1,88%, Shenzhen -2,73%).

Les bourses du Golfe en chute libre

Du côté des pays du Golfe, les places financières poursuivaient leur dégringolade à la clôture ce jeudi, Ryad chutant de 3%, sur fond de prix du pétrole plombés par les craintes au sujet du nouveau coronavirus déclaré "pandémie" par l'OMS. Au dernier jour de la semaine dans les pays musulmans, les marchés financiers de Dubaï et d'Abou Dhabi ont quant à eux respectivement dévissé de 8% et 7,4%.

La Bourse du Koweït était de son côté fermée, les autorités ayant suspendu des activités du gouvernement pendant deux semaines et annulé les vols commerciaux dans le but d'empêcher la propagation du nouveau coronavirus. Les actions du Qatar, riche en gaz, ont chuté de 4,5%, tandis que les Bourses de Bahreïn et d'Oman ont reculé respectivement de 3,6% et 2,6%.  Les sept bourses ont toutes terminé la semaine avec de lourdes pertes, Dubaï en tête avec 17,4%.

 L'impact du coronavirus sur l'économie mondiale est toujours "difficile à prédire", a affirmé jeudi le porte-parole du FMI, soulignant que cela dépendrait du degré de la pandémie et des réponses apportées par les pays touchés.

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