Les douanes françaises débordées par le trafic de médicaments, dont la chloroquine

Le trafic de médicaments dopé par la pandémie de Covid-19.
Santé

COVID-19 - La pandémie a créé une forte demande en médicaments, de nombreux Français allant jusqu'à les commander sur Internet, faute d'ordonnance. Les services de douanes ont dû se réorganiser pour faire face.

Si le confinement, consécutif à la pandémie de Covid-19, a mis un gros coup de frein aux activités des trafiquants de drogue, il a, en parallèle, indirectement accéléré un autre trafic, moins connu, celui de médicaments. Un business clandestin, visant à satisfaire une demande croissante de personnes n'ayant pas pu obtenir d'ordonnance.  

Particulièrement lucratif, il pesait déjà en janvier 2020 (donc avant le confinement) 200 milliards de dollars de retombées économiques dans le monde, soit plus que le trafic de cocaïne. Depuis, le chiffre a sans doute encore augmenté, les douanes françaises ayant constaté une multiplication de ces importations frauduleuses.

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TF1 s'est rendu dans le centre de tri de Roissy, qui réceptionne tous les colis arrivant par avion en France, et où les douaniers, qui effectuent entre 70.000 et 100.000 saisies par mois, ciblent ces paquets particuliers, identifiables à leur légèreté (moins de 2 kg). En un an, ces services ont ainsi intercepté plus d'une tonne et demie de ces médicaments. Parmi les saisies du jour, étalées sur la plateforme : des antibiotiques, des anxiolytiques, des anti-dépresseurs, et le nouveau produit phare, la chloroquine.

Un tel achat peut vous coûter 3 ans de prison

Vendus parfois jusqu'à 500 fois leur prix initial, on voit qu'ils sont souvent envoyés sans notice d'utilisation, voire sans emballage. Ce qui fait douter de leur composition réelle. Les douaniers transmettent ensuite ces échantillons suspects à des laboratoires, littéralement débordés ces dernières semaines. "Les gens cherchent des solutions pour se soigner et pour se protéger. Et dans ce cadre-là, des revendeurs peu scrupuleux profitent de la situation, et n'hésitent à intoxiquer les acheteurs avec des produits dangereux", explique à TF1 un haut responsable des douanes, s'exprimant sous couvert d'anonymat.

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"Une personne qui se procure des médicaments par un autre moyen qu'une ordonnance se met en danger, mais aussi dans l'illégalité. Cela peut constituer pour elle une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à trois ans", souligne, pour sa part, Anne-Sophie Vitoux, responsable de l'Observatoire du médicament au service des douanes. Il n'empêche, les autorités peinent à suivre la rapidité du développement de ce marché : l'année dernière, seulement 1.600 procès-verbaux pour importation de produits de santé non réglementaires ont pu être dressés, sur 36 millions de médicaments saisis. Un espoir, tout de même : en mars 2020, une vaste opération internationale, débutée en juillet 2019, a permis de démanteler cinq de ses réseaux criminels en France, et de saisir des avoirs estimés à près de 1,5 million d'euros.

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