Tests antigéniques : pourquoi se font-ils attendre ?

Tests antigéniques : pourquoi se font-ils attendre ?

LENTEUR - Emmanuel Macron l'a annoncé la semaine dernière : les tests antigéniques, beaucoup plus rapides, vont être déployés. Cinq millions d'entre eux ont déjà été commandés par le ministère de la Santé. Pourtant, ils ne sont toujours pas disponibles.

"Je viens de les recevoir". Comme dans de nombreuses officines, les tests antigéniques ont été livrés dans cette pharmacie parisienne. Toutefois, Maxime Maarek ne peut pas encore les proposer à ses clients pour des questions de logistique. Il faudrait notamment qu'un endroit dédié pour les réaliser soit mis en place. "Il me manque la structure extérieure que je suis en train de voir avec la mairie. Il me manque surtout la formation qui est importante pour pouvoir le faire parce que ce n'est pas anodin. C'est un prélèvement naso-pharyngé, donc c'est assez important", détaille-t-il.

Des points de blocage qui empêchent le déploiement de ces tests. Les fabricants eux aussi le regrettent. Car sur les sites de production, tout est prêt depuis des semaines, mais après les recommandations émises par la Haute autorité de santé, il a fallu attendre la promulgation de la loi autorisant ces tests, puis leur homologation. Et il y a quelques jours, une ultime étude clinique leur a encore été demandée. "L'un des critères importants, c'était qu'on puisse vérifier si ce test, fait sur des patients qui viennent se faire dépister, est au moins aussi fiable, ou quasiment aussi fiable, que la méthode de référence, à savoir la PCR. Et c'est le cas", explique Fabien Larue, le directeur général du laboratoire AAZ, à Villiers-le-Bel, dans le Val d'Oise.

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Négociations ardues avec l'Assurance maladie

Mais la difficulté vient aussi de négociations ardues entre les professionnels de santé et l'Assurance maladie. Le principe de remboursement est acté, mais les discussions n'aboutissent pas, principalement sur un point : le montant de la prise en charge. "On avait une négociation avec l'Assurance maladie qui était prête à nous donner 15 euros pour faire ces tests mais à condition qu'on les achète. Quand vous pensez qu'actuellement le prix d'un test est entre 7 et 9 euros, les médecins libéraux se sont demandés si on ne se moquait pas d'eux", explique le docteur Jean-Paul Hamon, le président d'honneur de la Fédération des médecins de France.

Car cela équivaudrait à 6 à 8 euros pour rémunérer les pharmaciens, les infirmiers et les médecins. Insuffisants, selon eux pour couvrir leurs frais. De quoi expliquer peut être que le gouvernement ne donne aucune date précise pour l'utilisation de ces nouveaux dispositifs, censés pourtant améliorer la stratégie de dépistage en France. 

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